House of Lies : au Pays de Marty (saison 1)

Marty Kaan est consultant en management auprès de grandes entreprises pour la firme Galweather & Stern, basée à Los Angeles. Avec son équipe d’experts, il sillonne les États-Unis à la recherche de nouveaux clients. Son père l’aide également à élever son fils Roscoe, qu’il a eu avec Monica, son ex-femme et rivale.

La première saison de cette comédie noire made in Showtime peut se diviser en – grosso modo – deux parties : la première, épisodique, et la seconde, plus feuilletonnante. Dans un premier temps, nous sommes donc introduit à Marty (Don Cheadle) et son équipe, surnommée The Pod, ainsi qu’à leurs méthodes de travail. Les quatre comparses voyagent ainsi un peu partout avec toujours le même objectif : faire signer le client/victime. Tous les moyens sont bons et, de manière générale, plus la solution est retors, meilleure elle est.

Les premiers épisodes sont donc assez répétitifs et manquent singulièrement de subtilité pour nous introduire à cet univers. Le ton cynique et satirique de la série nous laisseraient voir Marty et cie comme des héros des temps modernes, arnaquant le fameux 1%, si seulement ceux-ci ne profitaient pas tout autant d’un système pourri jusqu’à la moelle. Néanmoins, pour peu que l’on adhère à son humour, House of Lies commence comme un divertissement correct.

Heureusement, les scénaristes se sont rapidement aperçus qu’une telle formule était très limitée et, une fois l’univers mis en place, des intrigues plus fouillées font leur apparition.

À ce jeu là, c’est bien sûr Marty qui ressort grand gagnant. House of Lies n’est rien sans Marty, et elle n’est surtout rien sans Don Cheadle. L’acteur participe beaucoup à nous rendre Marty sympathique, malgré le fait qu’il soit un égocentrique patenté. Car derrière ses allures de grand frimeur, on sent en permanence la vulnérabilité de quelqu’un qui s’est battu bec et ongles pour en arriver là – le racisme du milieu ne passant pas inaperçu. Marty ne le sait que trop bien, ce qui est là aujourd’hui ne le sera peut être plus demain.

C’est d’ailleurs l’arc narratif principal de la deuxième partie de saison : la fusion de Galweather & Stern avec Metro-Capital. Marty n’a plus le vent en poupe, il est même sur la sellette, et il ne peut plus prendre à la légère sa liste d’ennemis, longue comme le bras. Cette intrigue apporte un certain dynamisme aux derniers épisodes et permet de rendre Marty un peu moins invincible qu’il ne l’était au départ.

Cette humanisation du héros semble inévitable et cela passe aussi par sa vie privée. Malheureusement, House of Lies est beaucoup moins à l’aise sur ce terrain là. Le gros point noir est la relation de Marty avec son fils, Roscoe. Entre la personnalité du jeune garçon (un peu trop proche du gimmick pour être honnête) et un temps d’antenne microscopique, les scénaristes ne réussiront jamais vraiment à sortir de l’esquisse.

Au rayon romance, deux femmes émergent du lot : Monica (Dawn Olivieri) et April (Megalyn Echikunwoke). Nymphomanie, sociopathie définissent l’ex-femme de Marty, et les scénaristes n’hésitent pas à donner dans la surenchère, quitte à transformer par moments celle que l’on aime détester en celle que l’on déteste tout court. De son côté, April, la strip-teaseuse au grand cœur, nous laissera entrevoir une vie de famille stable pour les Kaan, aussi brève soit-elle.

Et les autres dans tout ça ? Marty est la star, et les autres se retrouvent à ramasser les miettes. Clyde (Ben Schwartz) et Doug (Josh Lawson) ont beau être des sources comiques majeures, ils ne bénéficient d’aucun développement et restent – à ce jour encore – des pages blanches. Mieux servie est Jeannie (Kristen Bell, comme on ne l’a jamais vue), qui s’affirme progressivement comme le pendant féminin de Marty. Un aspect qui méritera d’être plus approfondi en saison 2.

En résumé, House of Lies est une comédie noire à l’esthétique léchée, servie par un casting solide, et adoptant un ton cynique et irrévérencieux. Malgré un sujet original, son approche et son traitement ne le sont pas forcément, ne serait-ce car la série mettra quelques temps avant de trouver son identité propre. Cette première saison est par ailleurs très inégale, House of Lies souffrant souvent de se croire plus intelligente qu’elle ne l’est vraiment. Néanmoins, le travail de déblayage ayant désormais été accompli, il y a de l’espoir pour une saison 2 plus efficace.

Aller plus loin …

Lire la critique du pilote de la série.
Lire le billet : House of Lies et la triste vérité de son début de saison.

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