Ayant toujours du mal à concevoir un enfant, Lily et Marshall se tournent vers un spécialiste qui leur rappelle vaguement quelqu’un, alors que Robin démarre un nouveau travail.

Dès le départ, la vraie mauvaise nouvelle, pour nous spectateur, semble être la centralisation sur la grossesse de Lily qui n’en finit plus de ne pas tomber enceinte. Comme à chaque fois que ce type de stoyline est mis en valeur, le propos et la forme de la série s’amollissent inévitablement. En prenant toute la place, et toute l’activité scénaristique, les autres personnages ne peuvent fatalement que s’agiter dans le vide.

Cette absence de la plupart des protagonistes est particulièrement marquée ici, et si la révélation finale justifie à moitié cet extrême intérêt pour le couple, le gâchis de chaque début d’idée présente pendant vint minutes est difficilement pardonnable. Effectivement, si l’on oublie la dernière minute de l’épisode, la situation de Lily et Marshall ne présente absolument aucun intérêt, on sait déjà que la jeune femme sera enceinte et ne pouvons attendre autre chose que les inévitables bonnes nouvelles du médecin.

Le doppelganger fait donc entièrement partie de ces situations gâchées, destinées à servir la soupe à des personnages qui se trouvent dans leur plus mauvais jour. Il ne peut se créer le décalage comique présent chez les autres clones. Son développement n’a pour seule fonction que d’isoler un peu plus le vrai Barney, au sens propre comme au figuré. N’ayant le droit qu’à un running-gag qui tourne autour du laser-tag, activité régressive au possible, le personnage n’est ici pas plus drôle et charismatique qu’une huître recouverte d’échalote et prête à être dévoré.

Flirtant sans cesse avec l’oubli sans toutefois aller jusqu’au bout de la démarche, Robin revient, après cette longue pause de Noël et avec cinq minutes de retard sur ses potes, avec tous ses tics les plus insupportables, l’imitation de flatulence en tête. Se croyant obligés de ramener un personnage vieux de cinq ans et oublié depuis longtemps, les scénaristes prouvent à nouveau leur incapacité à intégrer de nouvelles têtes intéressantes. Il aurait pourtant suffit de dynamiter une fin digne digne des Disney les plus moralisateurs pour obtenir un début de pardon de notre part.

Un retour donc bien triste qui condense tous les pires défauts de la série : une fragmentation extrême des storylines consacrées aux personnages les moins intéressants, l’invisibilité absolue du personnage principal, des running gags vulgaires et paresseux (les pets de Robin et la masturbation interrompue de Marshall). Cet épisode, en forme d’amer bilan pourrait bien se passer de ses dix-neuf premières minutes ; à être ravi (mais pas surpris, quel est l’utilité de ce plan sur l’atelier vide avant que Lily ne sorte du taxi ?) que Marshall subisse enfin un électrochoc de taille, on mesure toute la puissance de bousculade dont ces personnages ont besoin.

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