Ted doit choisir définitivement entre sa future carrière dans l’architecture et la prise de position de sa petite amie.

« Il faut savoir détruire pour mieux reconstruire. » Autant aller à l’essentiel immédiatement sans s’éparpiller, foncer la tête la première dans ce que placarde, en long et en large, l’épisode de la semaine. Le départ de Zoey n’était plus qu’une question de temps, et malgré le faux contrepied récent, les jeux étaient déjà faits pour les deux tourtereaux. En dépit d’un bref sursaut donc, bien maigre spasme avant l’inévitable, l’issue n’essaye jamais de se camoufler et la jeune fille finit par trouver la mort symbolique qu’elle se cherchait.

Ce déchirement programmé est annoncé en grande pompe. Le titre de l’épisode, signifiant à la fois « monument » et « point de repère », permettait de relier le bâtiment de la discorde avec le nécessaire changement pour la vie future de Ted. Le couple ne paraît d’ailleurs jamais réellement proche, déjà divisé physiquement au sein de la salle avant le verdict, et il ne fera aucun geste pour tenter de se dépêtrer de cette situation. Ce n’est pas le renversement en carton-pâte, impliquant un dictaphone et l’épisode Natural History (6.08), qui fournit un semblant de suspens. Il diabolise au contraire la jeune femme qui ne peut définitivement plus rien faire dans cette position d’ennemie mortelle au groupe.

À l’image de ses collègues féminines, Zoey n’aura pas été gâté par les scénarios. Peinant sans cesse à trouver une place au sein de la bande, il est étrange aujourd’hui de la voir assise sur la banquette historique du McLaren’s. C’est bien le peu d’enjeux autour de son départ qui fâche, car il nous est presque impossible de nous positionner par rapport au personnage. Les scénaristes partagent apparemment ce manque d’entrain. Depuis les éternelles hésitations de Ted (vie affective ou vie professionnelle ?) jusqu’au je-m’en-foutisme absolu des raisons qui vont faire tomber le bâtiment malgré tout, le sort de la jeune fille ne semble intéresser personne.

La pression sur le prochain épisode sera très lourde, quasiment insupportable. Il faudra non seulement se remettre d’une dernière partie de saison pas vraiment réussie, mais, en plus, relancer la machine pour sauver les intérêts du groupe entier, tout à fait inexistant dans ce Landmarks. Si la série a su intriguer pendant six années avec une issue connue dès le départ, elle ne parait plus pouvoir interroger, pendant seulement un épisode, le cheminement vers une fin annoncée. Ici, le tout premier flashback, plein de fausses promesses narratives, ne fait que trahir un schéma qui a cessé tout désir de reproduction.

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