Tout le groupe se rend au Minnesota pour enterrer le père de Marshall, chacun d’entre eux essayant de se rendre utile à sa manière.

Après un épisode discutable, et largement discuté ici même, la série poursuit cette semaine son évidente logique funèbre, un titre on ne peut plus évocateur en avant. La fournée hebdomadaire va donc faire le boulot qui s’impose après la dernière conclusion. Et pour ce faire, les personnages vont devoir être déconnectés de leurs habitudes. Un premier sentiment d’inquiétude pourrait être pertinent de par cette volonté, semble-t-il absolu, d’inclure du vrai monde, avec des éclats de vie dedans, dans le quotidien du groupe de potes. Comme si le réalisme était, envers et contre tout, le saint Graal de la fiction.

Immédiatement la problématique de l’entourage est posée : comment agir face à quelqu’un qui vient de perdre son père ? Entre les ressorts comiques de Barney et Ted, l’utilité matérielle de Lily et la fantaisie de Robin, drôle et génialement irrésolue, bien heureusement les scénaristes ne donnent pas de solution idéale. Mieux encore ils ne proposent pas, toujours en quête de ce réalisme adoré, de documentaire sur la question. C’est au contraire dans cet univers étranger que la dynamique de groupe peut se mettre à exister pleinement. Derrière une rythmique de comédie, aidée également par une veuve à l’attitude on ne peut plus illogique dans le contexte, et un fil rouge dramatique, la série fait disparaître toute ressemblance avec un évènement réel.

L’enterrement, la disparition d’un proche, même la figure physique du père de Marshall, n’existant qu’à travers son personnage principal de fils, semblent complètement évacués. Entre deux extrêmes, la volonté d’être dans le coup, dans la vie, et la nécessité de rester à sa place de sitcom, la série semble avoir définitivement choisi son camp, non seulement avec cette dynamique de groupe, forcément artificielle et efficace, mais aussi par cette quête ininterrompue des derniers mots.

Le jeu avec les lignes temporelles est donc retrouvé, à l’opposé du dernier épisode où la convergence vers un point précis était rendue possible par un tout nouveau procédé narratif, peu en accord avec les principes de bases de la série. Ici la quête de dernières paroles un minimum spirituelles, et son faux-suspens autour de conseils de locations de vidéo, est assez adroite, surtout quand Marshall est placé en deçà des histoires du reste de sa famille. Le point culminant  de ce fil rouge l’autorise donc enfin à être émouvant, dans la cour les plans se resserrent sur les visages avant une résolution aussi dommage que logique pour un épisode de sitcom. Dans le message d’amour comme dans un rappel de crème pour les pieds, la série expose donc pleinement son statut d’artifice. Le drame et la comédie s’associent et offrent aux téléspectateurs classiques que nous sommes, un mélange des genres attendu et mérité avant de se payer le luxe de lancer de manière habile l’une des prochaines grandes intrigues : les retrouvailles de Barney et de son père.

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