Parallèlement au soutien qu’ils apportent à Barney lors de ses retrouvailles avec son père, Lily, Robin, Marshall et Ted se concentrent sur les lacunes de chacun.

J’ai beau réfléchir, je ne sais toujours pas si je trouve ce titre d’épisode assez habile, à jongler entre mythologie du personnage et évolution possible, ou complètement raté. Au-delà de cette position critique poltronne se trouve un épisode difficile à aborder, celui-ci étant tout entier tourné vers des questions d’évolutions et de besoin de maturité qui peuvent immédiatement fondre au contact du personnage de Barney.

Ressortie spécialement d’un gigantesque placard, la maison en travaux de Ted se veut être autant le symbole des rêves en cours de réalisation de l’architecte, que le reflet de l’enfance troublée de son ami. La tentation de créer des enjeux émotionnels solides autour de Barney a toujours été forte pour les auteurs de la série, sans cesse confrontés à sa nature première et à une caricature fatalement impossible à développer. Muni ainsi d’intrigues rétractables en cas de coup dur, le personnage peut subitement cesser toute trajectoire rapide vers un mur scénaristique et rebooter vers une version 1.00 de lui-même. Le principe est continuellement flagrant, notamment à la fin de sa relation avec Robin.

Il est donc assez parlant que, confronté à son fils, Jerry ne puisse exister que dans deux versions très opposées, idéalisation« barneyenne »imaginée d’un côté ou pire cauchemar réel de son grand garçon de l’autre, la nuance n’existe jamais. Les deux types renvoient pourtant le séducteur à la même infantilisation extrême, manière déraisonnable de conclure sur le manque de Barney quant à une présence paternelle. Lui qui ne fonctionne que dans la démesure et une originalité propre, il doit alors fonctionner avec une intrigue ultratraitée, et ce n’est pas encore cet épisode qui indique comment cela lui va.

Les autres personnages doivent eux se contenter des miettes vaguement  extraites de la storyline XXL de Barney et de son père. Peu à leur aise dans ce genre de situation, Lily et Robin se retrouvent immédiatement prises au piège d’exagérations aux effets comiques limités ou de gags prévisibles comme celui des clés. Mais cela permet toutefois d’offrir à Marshall quelques moments de délires sympathiques, en plus de convoquer les réactions gênées des proches face à un ami endeuillé.

Évidemment pas faite pour être conclue de suite, cette intrigue reste ouverte.  Elle continuera son hésitation entre réels débuts de maturité chez le personnage et éternel pétard mouillé ; et vient prendre une place légitime auprès des questions en suspens de cette fin de saison, avec Zoey ou le mariage. Il reste enfin à saluer la performance de John Lithgow : extra-terrestre dans 3rd Rock from the Sun, serial-killer pour Dexter ou père de Barney Stinson, il est décidément l’acteur des rôles improbables.

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