How I Met Your Mother – Saison 4

Stella ? Karen ? Robin ? Une voisine croisée par hasard dans le hall de l’immeuble ? Une étudiante en architecture ? Qui sera la future Mrs Mosby ? Cette quatrième saison d’How I Met Your Mother nous met lentement sur la piste – vraiment très lentement.

On ne va pas se le cacher, l’intrigue principale semble avoir calé, cette saison. Ted est plus que jamais prêt à s’engager et poursuit sans relâche sa quête de la femme parfaite. Alors qu’il appelle ça de la persévérance, d’autres y voient une certaine forme d’acharnement, car notre pauvre trentenaire connaît en réalité une sorte de traversée du désert dans le domaine amoureux comme dans sa vie professionnelle. La fade et impopulaire Stella sort – enfin – de la vie de Mr Mosby après l’avoir lâchement abandonné devant l’autel pour retomber dans les bras du père de sa fille. Mais il faut en réalité attendre une bonne douzaine d’épisodes pour que l’ombre de Stella cesse de planer sur la vie amoureuse de Ted, l’histoire faisant jusque-là du surplace.

En attendant, pour combler le vide intersidéral de sa vie sentimentale, Ted renoue un moment avec sa petite amie de lycée, Karen – que Marshall et Lily ne peuvent toujours pas voir en peinture – ainsi qu’avec Robin, qui ne devient le temps d’un épisode ni plus ni moins qu’un sex friend, mais tente surtout de s’oublier dans le travail. Cependant, sur ce plan-là non plus, les propositions n’abondent pas, sans compter que le génialissime groupe d’architectes suédois Sven – et leurs extravagantes maquettes qui crachent du feu – lui souffle tous les contrats que Mosbius Designs était susceptible de décrocher. Devant cette imbattable concurrence, Ted finit par suivre les conseils de Lily et accepte de se reconvertir en professeur d’architecture, un tournant visiblement décisif dans sa recherche de l’âme sœur.

Pas de grande progression non plus dans les vies de nos quatre autres New Yorkais, surtout dans celles de Lily et Marshall dont les personnages ne connaissent aucune évolution majeure et se retrouvent le plus souvent au cœur d’historiettes sans grand intérêt tournant principalement autour des mésaventures de Marshall« Marshall forgot his pants ! » – au sein de la Goliath National Bank, autrement dit la boîte de Barney, qui l’a récemment fait embaucher. Il faut dire que les rôles des personnages féminins ont nécessairement été revus à la baisse cette année, du fait des grossesses des deux comédiennes principales qui ont amené les scénaristes à concentrer toute l’action des épisodes dans les storylines des personnages masculins, ainsi qu’à user de tous les subterfuges possibles et imaginables pour masquer le ventre rond d’Alyson Hannigan – sous d’amples tuniques dans un premier temps, puis derrière un ordinateur portable ouvert au stade le plus critique, lors de l’épisode possiblement le plus mou de la saison (Old King Clancy).

Heureusement que Barney est toujours fidèle au poste pour apporter une touche d’ironie dans cet univers devenu parfois quelque peu monotone, et séduire toujours autant de jeunes femmes (il atteint même la barre des 200 conquêtes !) dans des tenues plus improbables les unes que les autres, jusqu’à ce que son obsession pour Robin éclate au grand jour et prenne plus ou moins le pas sur son côté womanizer. C’est du moins ce que laisse présager l’épisode final. Le season finale est d’ailleurs tout à fait réussi et nous dévoile enfin le fin mot de cette histoire de chèvre contre laquelle Ted livre un combat assez mémorable, figurant en réalité son propre combat contre son caractère obsessionnel qui l’empêche d’avancer dans la vie, et dont il ressort visiblement grandi.

En définitive, d’excellentes séquences – les chants de Noël traditionnels revisités par Barney et son désormais légendaire CV vidéo, ainsi que l’épisode intitulé the Naked Man et de nombreuses bonnes private jokes sur les résidents du New Jersey et les Canadiens (qui sont aux New Yorkais ce que les Belges sont aux Français) – probablement trop peu mis en valeur par une forme d’inertie assez frustrante de l’intrigue principale qui vient en partie plomber cette saison visiblement transitoire et décidément placée sous le signe du renouveau pour le jeune Professeur Mosby.

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