Après une année difficile, Ted semble sur le point de rencontrer sa future épouse, alors que  Robin et Barney tentent, non sans difficultés, de gérer le début de leur relation.

Voilà déjà quatre ans que Ted passe ses soirées à jouer le père Castor pour ses enfants faussement agacés. Et il y avait fort à faire en ce début de saison, puisqu’il devait leur raconter comment la relation entre tonton Barney et tata Robin allait lamentablement échouer et comment lui-même était sur le point, comme chaque mois de septembre depuis 2005, de rencontrer leur génitrice.

Tous les projecteurs de début de saison semblaient donc tournés vers le nouveau couple, storyline qui traînait en longueur depuis longtemps déjà. Si l’échec semble évident avec le recul, il ne paraît pas se situer tant dans l’exploitation active de la relation, très courte (du 5.01 au 5.07) et pauvre en bonnes idées, mais dans le manque de cohérence qui en découle avant – dans la saison 4 où Barney ne semblait amoureux qu’un épisode sur deux – et surtout après – avec la tristesse de Robin se manifestant une dizaine d’épisodes après leur rupture, au moment même où elle trouvait un sérieux remplaçant.

Ces brusques retours en arrière dénotent bien de l’incapacité des scénaristes à assumer une quelconque décision sur la longueur. Illustration définitive : l’épisode The Playbook (5.08), véritable ode au Barney des débuts qui nous offre gracieusement, en plus d’une impression inévitable de surplace, un twist final ultra prévisible, dévoilant de manière peu pudique, une soumission totale au personnage phare de la série. Un bel aveu d’échec sur une quelconque tentative d’évolution du show en somme.

Ted paraît même avoir régressé. Alors que l’on nous vendait un gigantesque changement professionnel qui aurait un impact décisif sur sa vie amoureuse (la rencontre avec la fameuse mother), son année est surtout remplie de flirts assez anecdotiques (mis à part l’émouvante rencontre avec le mollet de sa promise) et de rechutes indigestes envers Robin (le presque cliffhanger de fin dans le dernier épisode, la beuverie avec Barney).

Cette saison a ainsi été à l’image de son épisode 9 (Slapsgiving 2 : Revenge Of The Slap) : à voir la série ainsi perdue dans ses propres codes, recopier ses gags en moins bien ou abandonner purement et simplement – l’horrible intrigue du vol de portefeuille avec le singe ou, encore plus honteux, les personnages de Lily et Marshall -, on aurait parfois envie de s’arrêter là sans attendre cette happy-end annoncée. Le postulat de départ stipulant, sans la moindre ambiguïté possible, que Ted se marierait et aurait beaucoup d’enfants.

Mais les quelques bonnes idées de ces 24 épisodes (Robin 101, The Window et Last Cigarette Ever notamment) et l’attachement à cette bande de potes laissent encore de la place à une possible remontée du show. Le coup de torchon sur la table réalisée en fin de saison peut laisser finalement assez optimiste. Si l’année 2009 était l’année des prises de risques en tous genres, dans le season finale les scénaristes ont bien pris soin de lâcher toutes les intrigues en cours pour, on l’espère, une future concentration sur l’essentiel. Non pas la rencontre avec la mère, finalement assez secondaire (la saison 2 reste une valeur sûre alors que Ted et Robin étaient en couple du début à la fin), mais la redécouverte d’une folie douce, celle qui autorisait le vol plané d’une bestiole mi-souris, mi-cafard, l’essence même de la série donc.

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