Lily et Robin tentent d’aider Marshall et Barney à résoudre une incommensurable dispute, tandis que Zoey et Ted font clairement face à leur problème.

Que voilà un épisode rafraîchissant après deux tentatives moins bien maîtrisées. Au lieu de s’embourber dans une intrigue vaseuse, de planquer des personnages au fond de la pièce et de la caméra, la série se permet une richesse inhabituelle impliquant tous les membres du cast. Au-delà de la création d’une mini-mythologie autour des différents alcools, et d’une utilisation fort à propos, la cerise sur le délicieux gâteau est le retour de la bestiole mi-souris,-mi cafard. En dévoilant sa progéniture, évidemment en hors-champ, les scénaristes en font un symbole de l’évolution de leur propre bébé et font ressurgir une inspiration que l’on aurait pu croire morte et enterrée.

Dès le pré-générique tous les enjeux sont exposés clairement. Une telle rapidité de propos chez How I Met Your Mother est souvent très bon signe pour la suite des évènements, sorte de refus d’un aléatoire qui pèse trop régulièrement sur les membres de la bande de potes. Et ce ne sont pas seulement des bêtes improbables qui font un retour tonitruant. Ce sont tous les mécanismes propres au show qui ressurgissent, cette manie du flashback, de camoufler une scène sous un voile, ici l’alcool, avant de faire exploser la situation par le décalage que cause la réalité.

C’est d’abord par la guerre entre Barney et Marshall que passe la narration, dommage collatéral assez pertinent de la soudaine décision du garçon. Trop souvent sous-utilisées, Lily et Robin retrouvent une position vitale dans le besoin de réconciliation. Entre psychologie de comptoir sur les pères ou superficialité à peine forcée, leur relation est ponctuée d’effets secondaires assez drôles, mais l’intérêt définitif ne peut naître que du dérèglement programmé de la stratégie mise en place par les filles. Si leur bataille à elles, pour une banquette de bar, ne paraît pas nécessaire, elle permet de prolonger la thématique.

C’est ironiquement la véritable guerre qui est masquée par les deux autres, celle que l’on sait perdue à la fois par Zoey et Ted sur la longueur. Le but non avoué étant de jouer avec nos connaissances futures pour faire partir le couple dans une autre direction. Avant une mort que nous imaginons prochaine, la jeune fille dévoile donc son « rosebud » à l’architecte qui ne peut qu’être touché par cet aveu imprévu, résolu simplement, sans l’intervention d’un détective privé. Ce jet à notre figure de son trauma d’enfance peine encore à rendre Zoey tragiquement essentielle pour le show, mais sa sortie ne sera pas aussi bâclée que l’on aurait pu le craindre.

Entre stand-alone et bloc décisif, cet épisode remplit avec style son rôle de rampe de lancement pour l’extrême fin de saison. Contrairement à l’année dernière, des questions seront clairement posées aux personnages lors d’un évènement qui s’impose de plus en plus comme un incontournable. Il faut ici savourer le montage rythmé, les situations drôles et recherchées (la séance de beat box de Ted), avant de s’interroger sur la suite.

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