Humans Saison 1 : Pas réellement humains

Humans - Saison 1

Alors que nous sommes toujours plus dépendants de la technologie dans notre quotidien, on peut se demander jusqu’où cela pourrait aller. C’est une des questions à laquelle Humans offre un début de réponse, mais seulement un début.

Cette série de science-fiction américano-britannique (AMC/Channel 4) qui est avant tout l’adaptation de la suédoise Akta Människor (Real Humans) a bien des choses à dire durant sa première saison, mais elle ne se laisse pas dérouter par ses thématiques. C’est même plutôt le contraire.

L’histoire débute avec un groupe de Synths en fuite. Ces robots à l’apparence humaine ne sont pas comme ceux que tout le monde peut se procurer pour accomplir des tâches ménagères, ils ont une conscience. Traqués, ils sont séparés et certains se font capturer. C’est comme ça que Mia (Gemma Chan) se retrouve reprogrammée et est achetée par la famille Hawkins qui la rebaptise Anita.

Au cours des 8 épisodes qui composent cette première saison, les Hawkins vont réaliser qu’Anita n’est pas réellement ce qu’elle parait être. Avant cela, elle se révèlera surtout être un catalyseur dont la fonction est d’accélérer une réaction en chaine qui entrainera une crise. Le noyau familial est proche de l’explosion et ce n’est pas la seule chose qui sera poussée à bout à l’aide de ses machines pas comme les autres.

Entre drame familial et thriller, Humans impose rapidement sa différence par rapport à la série qu’elle adapte. Composant ses propres personnages et introduisant ses thématiques différemment, elle affirme une personnalité bien à elle qui résonne naturellement avec des sujets qui touchent la société britannique.

Malgré tout, c’est surtout dans l’arrière-plan que cette première saison explore ses thèmes les plus sensibles. Les principaux protagonistes évoluent avec leurs problèmes qui concernent finalement peu la place des Synths dans la société. Cela dit, celle-ci est remise en question d’une façon qui enrichit indirectement l’univers du show. Ainsi, alors que sa mythologie de développe avec ses révélations progressives sur l’origine de ces machines, nous décelons une tension sous-jacente qui accompagne l’apparition d’un mouvement de plus en plus vocal qui n’est jamais traité directement, mais qui devient omniprésent. Les robots sont perçus comme des travailleurs immigrés volant le travail des anglais et ce n’est pas anodin que le groupe de Synths que nous suivons possède une conscience qui, si elle pouvait être activée chez les autres, ferait naitre une véritable révolution.

L’Angleterre est sur le point d’implosée, mais il semble surtout que cela soit de la mise en place pour la suite. Humans s’intéresse en effet beaucoup plus à la notion de famille qu’à ses thématiques socio-économiques. Les Hawkins sont malgré eux plongés au cœur d’une situation qui les dépasse à l’aide d’Anita/Mia qui devient un miroir leur renvoyant leurs soucis. Forcés de les confronter, ils se retrouvent à faire des choses qu’ils n’auraient jamais imaginé réaliser auparavant.

Cette partie de l’histoire apparait au premier abord n’être qu’une manière de détourner l’attention des Synths et de leurs problèmes afin d’éviter de diluer la tension qui alimente leur intrigue. Néanmoins, il devient rapidement clair que Humans trouve sa réelle force dans l’établissement des relations entre humains et Synths. Ils apprennent les uns des autres et cela offre aux scénaristes de nombreuses opportunités pour aborder les thématiques les plus évidentes qui accompagnent leur sujet.

Discuter de ce qui définit l’humanité de façon toute relative se fait alors avec un naturel bienvenu, notamment à l’aide de William Hurt qui joue un scientifique qui apporte une perspective inattendue à la série.

Cette première saison de Humans ne néglige en tout cas jamais les enjeux à court terme de son histoire. Il est donc aisé de se laisser porter par l’intrigue qui est bien rythmée et découpée, mais il est par moment frustrant de voir l’univers du show s’étoffer principalement en arrière-plan. Il y avait le potentiel pour parler de plus de choses, mais pas réellement l’espace pour le faire. Résultat, certains personnages ne sont jamais véritablement développés et une partie des nombreuses questions posées ne trouve que des réponses superficielles.

Concrètement, Humans nous raconte comment un groupe de fugitifs parvient à se reformer après avoir été séparé et comment ce qu’ils traversent individuellement les aides à mieux comprendre ce qu’ils sont les uns pour les autres. Le reste enrichit un univers qui mûrit suffisamment pour offrir à la seconde saison des enjeux plus majeurs. La série ne fait qu’effleurer son potentiel jusque-là et le fait d’une manière suffisamment satisfaisante pour laisser entrevoir un avenir digne d’intérêt.

Déjà publié en aout 2015, cet article est aujourd’hui remis en avant à l’occasion du début de la diffusion de cette saison 1 de Humans sur HD1 ce samedi 27 aout 2016 à 21h.
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