Les séries TV semblent être de plus en plus noyées sous les robots et les intelligences artificielles. Il faut dire qu’il est aisé d’y voir un futur qui serait presque à portée de main et les scénaristes s’efforcent dès lors d’offrir une réflexion sur le sujet.

Avec Humans, l’adaptation anglaise de la Suédoise Real Humans, Jonathan Brackley et Sam Vincent nous proposent donc une histoire qui ne pourrait pas être plus contemporaine. Cela dit, on peut plus aisément arriver à cette conclusion si l’on ne cherche pas à trouver dans la série les mêmes théories qui se développent chez les autres.

Pour faire simple, tout est dans le titre. Comme Laura Hawkins (Katherine Parkinson) le signalera à un moment dans cette saison 2, les Synths dotés d’une conscience sont terriblement humains.

Quand on replonge dans le show, un peu de temps s’est écoulé après les évènements de la saison 1. Nous reconnectons avec Niska (Emily Berrington) qui est prise dans un dilemme moral. Elle cherche à décider si elle doit propager le programme qui éveillera la conscience des Synths ou non. Bien entendu, elle le fera, car l’histoire ne pouvait pas se poursuivre sans cela, mais le résultat ne sera pas celui qu’elle attendait. Seuls quelques Synths sont affectés.

On retrouve alors Leo (Colin Morgan) qui tente de trouver les robots qui deviennent conscients pour les aider à gérer ce qu’il leur arrive, tandis que d’autres les réunissent pour les étudier.

Au cœur d’Humans, nous avons donc des machines douées de conscience, mais il y a toujours des humains. La famille Hawkins est effectivement de retour. Le plus difficile était de justifier sa présence après la conclusion de leur arc narratif en saison 1, mais cela se fait avec aisance. Cette saison 2 s’inscrit en effet avec naturel dans la prolongation de la première.

Les thématiques changent cependant légèrement, puisqu’il est définitivement plus question de parler d’humanité et d’évolution. Il est ainsi préférable de ne pas percevoir que les Synths comme des machines, mais comme une minorité opprimée qui tente de prendre le contrôle de son existence. Obtenir une conscience ne les libère pas pour autant. Au contraire, cela les pousse seulement à réaliser leur condition et ce qu’elle implique.

Étonnement, cette saison 2 d’Humans cherche justement avant tout à montrer qu’humains et machines sont similaires. Les uns veulent finalement la même chose que les autres, les limitations des uns sont ce qui manque aux autres.

La série s’affirme alors plus comme une réflexion sur la nature humaine que sur ce que notre rapport avec les machines sera. Néanmoins, cette saison 2 ne s’égare pas dans la métaphysique en restant pleinement investie dans les personnages, ce qui évite à ses métaphores de devenir encombrantes.

Du combat de Leo à la quête de Niska, sans oublier la famille Hawkins qui s’entredéchire en se retrouvant prise entre deux mondes, Humans délivre des intrigues impeccables bien dosées qui construit sur les bases de la première saison pour offrir un récit plus complexe qui a une âme – le contraire serait ironique.

En tout cas, cette saison 2 ne déçoit pas et confirme toutes les qualités qui ont permis à Humans d’être plus qu’une simple adaptation, mais bien un véritable drama britannique.