Les arnaqueurs sont à la mode ces derniers temps. Après The Catch sur ABC et Good Behavior sur TNT, la nouvelle venue dans l’univers du mensonge et de l’argent n’est autre que Imposters, création d’Inbar Lavi pour la chaîne Bravo. C’est à croire que cette thématique est plus d’actualité qu’il n’y paraît, à moins qu’on cherche à nous pousser à nous méfier de notre prochain comme de la peste, surtout quand il s’agit de lui ouvrir les portes de notre cœur.

Présentée comme une comédie noire, Imposters nous raconte l’histoire d’Ezra (Rob Heaps), jeune marié fou amoureux de sa tendre Ava (Lavi), avant que cette dernière ne disparaisse avec tout son argent et en laissant derrière elle une menace lui intimant de ne pas la chercher. Le point de départ n’est pas sans rappeler celui de The Catch à cette différence près qu’Ezra n’a rien du détective capable de se relever après le choc de cette découverte.

L’idée ne semble alors pas de se lancer dans un jeu effréné du chat et de la souris, mais plutôt d’explorer la psyché de personnages victimes de celle qui se fait appeler Ava, et qui n’en est pas à son coup d’essai. Le problème de ce pilote est qu’il ne parvient pas à intriguer plus que de mesure. Ezra ne donne pas forcément envie que l’on s’implique dans sa situation tant le pathétique l’emporte sur sa combativité avant le retournement de mi-parcours qui introduit une seconde victime. Dès lors, la dynamique bouleversée permet de pousser l’intrigue à dévoiler ses premières ambitions.

S’il va s’agir d’une course poursuite pour retrouver Ava du côté des Ex mis sur la paille, le véritable cœur du récit semble se situer auprès de l’arnaqueuse et de sa nouvelle cible. En vérité, Ava/Alice/Maddie est clairement le point le plus intéressant de cette introduction. Inbar Lavi donne vie avec brio à ces personnalités créées pour satisfaire les désirs de sa victime, ce qui la rend indéniablement attachante.

Là où The Girlfriend Experience avait le don de mettre mal à l’aise tant la santé mentale de sa protagoniste pouvait être remise en question, Inbar Lavi se délecte de la force tirée de son pouvoir de séduction. D’autant plus quand elle parvient à nuancer l’excitation ressentie par sa mission avec des craintes et une volonté de s’extraire de la situation.

En attendant, l’ensemble reste tout ce qu’il y a de plus conventionnel et a même du mal à embrasser une tonalité plus comique. Les sourires sont rares au cours de ce premier épisode et, si cela n’est pas une mauvaise chose, les différentes tentatives pour ne pas sombrer dans le pathos font légèrement grincer les dents. Il apparaît cependant clair que, une fois son rythme trouvé, Imposters n’aura aucun mal à délivrer le divertissement escompté.

En conclusion, ce pilote st une introduction sans réelle prise de risques à l’univers de Imposters, qui pose les bases comme il se doit, mais oublie de faire rêver. La mythologie a beau être suggérée par la présence d’une hiérarchie établie et d’un potentiel danger pour les arnaqueurs, cela n’est pas suffisant pour appâter complètement. L’ensemble parvient bien à transmettre son désir de s’amuser de son sujet, mais pêche quand il s’agit de donner une idée de la tonalité qui animera la suite. Il faudra alors compter sur la prestation d’Inbar Lavi pour avoir envie de revenir la semaine prochaine pour découvrir si son passé finira enfin par la rattraper, littéralement.

avatarUn article de .
Facebook
0 commentaire