In The Flesh : Partiellement décédé, mais bien vivant

Octobre, mois de l'horreurOctobre est le mois de l’horreur. À cette occasion, Critictoo vous aide ainsi à avoir quelques frissons à l’aide d’une sélection d’articles.

Depuis que The Walking Dead a offert une place de choix aux histoires de zombies sur le petit écran, nous avons eu le droit à plusieurs variantes, certaines plus inventives que d’autres, et ce, même du côté de la télévision Britannique comme le démontre In The Flesh.

Proposée par BBC Three à l’époque où cette dernière était encore une chaine à part entière, cette création primée de Dominic Mitchell nous invite dans un monde où les zombies ont été soignés et réintègrent à présent la société.

L’histoire débute ainsi avec Kieren Walker (Luke Newberry) qui, après s’être suicidé suite à la mort de son meilleur ami, revient à la vie sous la forme d’un zombie meurtrier. Plus tard, après avoir été réhabilité, il peut reprendre son existence auprès de sa famille, mais les habitants du petit village de Roarton ne sont pas tous prêts à l’accepter.

Dans In The Flesh, être transformé en zombie est la même chose qu’être malade. Quand on a le partially deceased syndrome (PDS), on prend un médicament pour ne pas rechuter et celui-ci a des effets secondaires assez violents. Le plus difficile pour Kieren n’est pas le traitement, mais retrouver le goût à la vie, lui qui avait volontairement mis fin à ses jours.

Composée de seulement 9 épisodes (sur deux courtes saisons), la série n’est pas un récit de zombies traditionnel. C’est une métaphore pour nous parler du mal-être de la jeunesse avec un sous-texte homosexuel évident, mais qui va plus loin que ça. L’influence de la religion, la pression sociale dans une petite communauté, la rébellion des adolescents, la quête identitaire, les attentes des parents, les conséquences du suicide des jeunes… In The Flesh trouve le moyen de couvrir beaucoup de thématiques sensibles avec énormément de subtilité et sans jamais donner l’impression d’offrir des solutions faciles.

Au contraire, pour Kieren, rien ne vient simplement et ses premiers moments de sécurité sont rapidement éclipsés par le retour de la peur. Il est alors question de grandir dans ce contexte qui devient sans tarder truffé d’embûches. C’est un passage à l’âge adulte qui finit pour lui par prendre la forme d’un combat entre sa personnalité et sa nature. Cela est compliqué par le fait que les revenants sont de plus en plus marginalisés par ceux qui pensent que les personnes qu’ils prétendent être ne forment qu’une façade qui camoufle les monstres pouvant surgir n’importe quand.

In The Flesh n’utilise d’ailleurs pas que Kieren pour développer ses thématiques. L’expérience de sa sœur, Jem (Harriet Cains), ouvre une voie pour parler des traumatismes des survivants et, en particulier, ceux des combattants. Jem entrait à peine dans l’adolescence quand elle prit les armes la première fois et les horreurs qu’elle fut forcée de commettre reviennent la hanter. Ensuite, il y a Amy (Emily Bevan) qui souffre également de PDS, mais qui embrasse cette seconde chance qui lui est offerte après être décédée des suites d’une leucémie. Elle voit le bon côté de la vie, celui que même les vivants peinent à apprécier.

Avec son esthétique froide et son point de départ sinistre, In The Flesh aurait aisément pu succomber à la violence et à la surdramatisation que l’on associe à présent à ces créatures que sont les zombies. Au lieu de nous entrainer dans un univers neurasthénique, elle tente avant tout de tourner les choses de façon à laisser de la place à l’espoir. Dans ce sens, l’humour trouve sa voie de manière naturelle, ce qui devient un composant essentiel aidant à s’immerger dans l’histoire et offrant aux personnages la possibilité de relativiser sur ce qui leur est arrivé.

In The Flesh n’est définitivement pas une série de zombies traditionnelle, elle joue tout de même avec la notion de peur et d’horreur, mais se révèle surtout être un récit sur la vie et non sur la survie.


L’intégralité de la série In The Flesh est disponible en France sur Amazon Prime Video.

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