In Treatment – Week One (2.01 à 2.05)

Pour cette seconde saison, le mode de diffusion choisi par HBO fait que les critiques seront regroupées par semaine.

Mia – Monday 9:00am

Ce premier épisode s’ouvre sur le père d’Alex rendant visite à Paul dans son nouvel appartement pour lui annoncer qu’il le poursuit en justice pour la mort de son fils. Le thérapeute a déménagé du Maryland pour New York, comme on va l’apprendre, suite à son divorce.

Conséquence de ce qui sera l’un des fils conducteurs de la saison, Paul a besoin d’un avocat et sa compagnie d’assurance l’a envoyé dans une firme spécialisée. Là, il se trouve face à face avec Mia, une brillante juriste qui était une de ses patientes il y a 20 ans de cela.

Passé la confusion créée par ses retrouvailles inattendues, nous retrouvons un Paul confus et énervé par une conjoncture qu’il ne comprend pas. Certes, il a envisagé qu’Alex se soit suicidé, mais pour lui, cela n’a jamais vraiment été le cas. Maintenant, il se découvre sans aucun contrôle, ne sachant pas quoi faire.

Dans In Treatment, tout a un sens, chaque mot, chaque situation, comme la première saison nous l’avait montré. Du coup, voir le psychiatre hors de son cabinet, dans un univers qui n’est pas le sien ne fait qu’amplifier le désarroi dans lequel il se trouve.

Une sensation qui va s’estomper quand Mia va commencer à évoquer le passé. Leur histoire commune va finalement trouver sa place, et l’avocate va révéler une blessure qui est restée ouverte suite au départ de Paul il y a deux décennies de là. Beaucoup de non-dits, forcément, la série n’est pas du type à tout nous mâcher, mais on va cerner quelques-uns des problèmes sous-jacents – le père omniprésent, la dure concurrence entre collègues, l’absence d’enfants… Il est clair que Mia a beaucoup à dire et quand elle et Paul s’installent dans le canapé pour discuter, tout semble prendre forme de manière naturelle, comme si le thérapeute reprenait les commandes.

Ce premier épisode n’est donc pas une thérapie, à proprement parler, mais cela finit par y ressembler fortement. Un rendez-vous chez l’avocat, il y en aura d’autres et Mia en a certainement autant à nous apprendre sur elle que sur Paul.

April – Tuesday 12:00pm

April est une nouvelle patiente. 23 ans, étudiante en seconde année d’architecture à l’université de Pratt, elle vient consulter Paul suite à l’échec de ses précédentes séances avec la psychiatre universitaire.

Bien que joviale et ouverte à la discussion au départ, elle va finir par avouer à Paul la raison pour laquelle elle décide de le voir lui. Elle a récemment appris qu’elle avait un cancer et n’en a parlé à personne.

On retrouve avec cette seconde patiente le schéma plus traditionnel de la série. April vient clairement consulter Paul pour qu’il lui dise ce qu’elle veut entendre, mais quand il commence à évoquer cela, elle s’offusque. Le premier contact est difficile avec ce genre d’oppositions liées à une trop forte indépendance. À cela, il semble assez clair qu’April ne veut pas accepter la vérité de sa maladie et on pourrait presque pousser plus loin en pensant que son refus d’en parler à des gens qu’elle connait l’illustre encore plus.

Cette première séance va donc se montrer assez soutenue, renouant avec le savant mélange émotionnel qui fait toute la force de la série. Il n’y a pas vraiment de temps perdu, même si le départ parait un peu tourner en rond. L’écriture de la conversation va permettre de relier ensemble même les éléments les plus insignifiants, construisant ainsi les fondations d’une relation qui se révèle déjà prenante et intense. Un challenge pour Paul.

Oliver – Wednesday 4:00pm

Oliver est un enfant de Brooklyn qui se retrouve dans une situation assez délicate, ses parents divorcent. Le truc, c’est que pour lui, ce n’est qu’une séparation.

L’épisode s’ouvre sur Paul et donc, Oliver, qui attendent les parents de ce dernier. C’est une fois de plus la première séance. N’oublions pas que le thérapeute doit se refaire toute une clientèle.

Si avec l’enfant, le contact est facilement établi, les choses vont se compliquer avec l’arrivée de la mère, suivie de peu par le père. Ces deux-là se battent, chacun à sa manière, pour attirer les faveurs de l’enfant. Ils ont les meilleures attentions qui soient, selon leurs dires, car Paul pointe une évidence en notant qu’ils utilisent Oliver pour avoir des informations.

L’épisode met donc en place toute la conjoncture dans laquelle évolue le nouveau patient, et les problèmes que ce dernier rencontre, ou, du moins, ce que Paul devra certainement lui faire accepter.

Même si Paul se montre assez distant ici, s’il reprend ses consultations avec Gina, il sera intéressant de voir comment il perçoit le comportement des parents, Bess et Luke. Quoi qu’il en soit, Oliver est le patient et celui-ci est celui qui se révèle être le plus accrocheur dans ce premier épisode, ce qui est un peu frustrant, vu la façon dont il se fait évincer par ses parents. La suite devrait réparer cela.

Walter – Thursday 5:00pm

Walter est CEO et il espère que tout le monde soit au courant. Bien entendu, Paul l’ignore, il ne lit pas les pages business du journal.

Dès son arrivée, Walter rappelle Alex, sauf qu’il ne pratique pas le même métier, mais le besoin d’afficher sa réussite et d’obtenir des résultats rapides sont les mêmes. Les différences vont tout de même rapidement se manifester. Déjà, Walter n’a pas la même vision de la famille et n’est pas obsédé par l’excellence, bien qu’il soit plus fier de sa fille qui se bat pour y arriver que de ses fils pour qui tout a toujours été facile.

Comme on s’en doute, la connexion entre les deux hommes va être difficile à établir quand la discussion va devenir personnelle. Walter n’est pas là de son plein gré, c’est sa femme qui l’y a poussé, et vu que pour lui, c’est une perte de temps, il s’attend à ce que tout soit vite réglé. Comme si Paul était magicien. Du coup, il a du mal à appréhender la façon dont la thérapie fonctionne et surtout, comment il doit s’y investir et ce que Paul doit lui apporter. Il veut tout, tout de suite. Alors, quand Natalie, sa fille se retrouve au centre du dialogue, il est inconfortable avec les réponses du thérapeute. Rien de bien surprenant, sauf que sa réaction devient excessive et nous laissera sur une grosse frayeur.

À ce point, on ignore si Walter voudra revenir, mais comme avec Alex, il a un travail d’humilité à accomplir pour accepter d’entendre ce que Paul essaie de lui dire.

Gina – Friday 6:00pm

Après une introduction presque comique dans le train qui emmène Paul dans le Maryland, nous retrouvons Gina. Elle aussi a changé. Elle a repris son activité après avoir terminé son livre.

Ce n’est pas une thérapie qui commence aujourd’hui, ça, c’est pour la prochaine fois. Non, les retrouvailles se font suite au procès et au fait qu’en tant que superviseuse, à l’époque, elle pourrait témoigner pour Paul.

Cette cinquième séance de la semaine ne retrouve donc pas son ancien format immédiatement, en fait, elle ne le fera peut-être jamais, car Paul demande à suivre une thérapie traditionnelle. Entre lui et Gina, les relations ont bien changé, même s’il est toujours très énervé, il ne se lâche pas sur elle, au contraire, il lui demande de l’aide, car elle est la seule en qui il a confiance. On découvre donc de cette manière l’état dans lequel le psychiatre qu’il est se trouve vraiment une fois le masque tombé.

Cet épisode est donc une reprise de contact, une façon de nous mettre réellement au courant de la situation.

Conclusion

Cette semaine de mise en route nous permet de renouer avec Paul, mais également de nous rappeler toutes les qualités et contraintes de la série. L’écriture est toujours aussi subtile, mais il faut bien admettre que le fait d’avoir déjà assisté à plus d’une quarantaine d’épisodes durant la précédente saison, il est ainsi un peu difficile de ne pas tenter des parallèles, surtout qu’Alex et Laura sont cités plus d’une fois.

Les nouveaux patients sont éclectiques et même si certains font quelque peu échos aux anciens, il semble clair qu’ils ont été écrits pour être différents et pour éviter de cette manière la répétition. Je dois avouer que, comme Paul, c’est April qui m’a le plus touché et il me tarde de la retrouver. En tout cas, In Treatment saison 2 démarre en affichant clairement sa nouvelle identité, et se montre assez accrocheuse.