Jessica Jones Saison 1 : Du bourbon & des femmes

1 Déc 2015 à 16:35

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Cela fait maintenant un peu plus d’une semaine que Jessica Jones a fait son apparition et, après un visionnage intensif de ces treize épisodes – comme le veut la tradition Netflix –, il est désormais certain que l’héroïne est parvenue à renaitre de ses cendres. Le problème étant que le parcours ne se fait pas sans turbulence, malgré un sujet intéressant et un ensemble assez maitrisé.

olyart.fr
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Le réel handicap de Jessica Jones, bien avant qu’on ne s’intéresse au contenu, vient probablement de la lourdeur de sa promotion. Netflix semble avoir tout misé, redoublant d’efforts, pour la faire connaître du public, au point de faire grimper les attentes ou de faire approcher de l’indigestion. Dans les deux cas, cette surenchère de publicité autour du show force presque à le regarder avec un œil bien plus sévère, ce qui réduit la marge de manœuvre quant aux erreurs acceptables.

Pour ceux et celles qui auraient échappé à cette promotion, Jessica Jones est l’adaptation du comic book Alias de Brian Michael Bendis publié chez Marvel. La série raconte la vie de Jessica (Krysten Ritter), ancienne héroïne devenue détective privée après le traumatisme d’avoir été sous le contrôle de Kilgrave — joué par l’excellent David Tennant –, un homme capable de manipuler les esprits et qui en abuse. Une histoire qui peint dès le départ le personnage de Jessica et l’univers dans lequel elle évolue d’une noirceur beaucoup plus marquée que le reste des histoires de l’univers cinématographique Marvel.

Heureusement, cela n’empêche pas Jessica de nous emporter dans son sillage pour nous divertir tout en s’attaquant à des thématiques difficiles et émotionnellement chargées. En ce sens, cette première saison est essentiellement tournée vers le traumatisme laissé par une relation abusive et les difficultés pour s’en sortir. Si cela est fait de manière littérale avec Kilgrave et les dons qu’il possède, Jessica Jones ne tombe jamais dans le pathos et voit ses victimes devenir proactives à défaut d’être complètement englouties par ce choc émotionnel. L’idée n’est pas forcément d’attirer l’attention sur un problème malheureusement présent dans notre société, mais de s’en servir positivement. En poussant un peu, le parallèle peut également s’appliquer à l’héroïsme de Jessica, créé par cette décision de faire face à son traumatisme.

L’idée est d’autant plus renforcée par la prédominance de personnages féminins qui ne se laissent définitivement pas marcher sur les pieds et qui prouvent qu’elles n’ont pas besoin de super-pouvoirs pour s’en sortir. Trish « Patsy » Walker – jouée par une Rachael Taylor au meilleur de sa forme – en est l’exemple le plus flagrant. Meilleure amie de Jessica, elle refuse d’être mise sur le carreau et se développe en parallèle, au-delà du stéréotype de la sidekick. Un choix qui ne s’applique malheureusement pas à Hoggarth (Carrie Ann-Moss) qui se trouve réduite à un matériel assez trouble et peu intéressant. En fait, son arc narratif semble presque ne pas voir sa place dans l’univers de Jessica Jones et cela même si elle se montre un minimum utile pour faire avancer les choses dans le bon sens.

Dans son intégralité, Jessica Jones est sans conteste une série solide, même s’il reste encore des choses à améliorer. Bien que des erreurs de parcours soient perceptibles ça et là, le plus gros point noir vient probablement du fait que la série – comme certaines autres séries Netflix – ne commence réellement à devenir grisante qu’après son premier tiers. L’idée est bien sûr de tout regarder à la suite, mais au vu de la longueur des épisodes, le fait que les premières heures tentent de poser trop lourdement les bases de l’univers en délaissant quelque peu ce qui est censé rendre le show accrocheur peut être un frein à l’implication.

Fort heureusement, des épisodes comme AKA WWJD ou AKA Sin Bin viennent prouver que l’équipe créative ne perd jamais de vue la destination vers laquelle se rend Jessica et, si le season finale est légèrement en dessous de ce qu’il était possible d’attendre, il conclut l’ensemble sur une note qui fait honneur au personnage et qui ouvre de nouvelles portes pour son futur. Il ne reste désormais plus qu’à attendre patiemment pour savoir si Jessica Jones est bien parvenue à dépasser les peurs qui l’entravaient pour devenir la justicière sans masque de New York.

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