Jessica Jones Saison 3 : AKA Fini de jouer les superhéros

8 Juil 2019 à 14:00

Cette troisième et dernière saison de Jessica Jones sonne la fin de la collaboration entre Netflix et Marvel. Véritable retour aux sources, ce chant du cygne revient à tout ce qui a fait le succès de la saison 1, à savoir un drame très terre-à-terre et intimiste qui s’attarde davantage sur la psyché humaine que sur les grandes bastons super-héroïques.

Tout juste après avoir perdu sa mère, Jessica Jones (Krysten Ritter) doit faire face au redoutable Gregory Sallinger (Jeremy Bobb) alias Foolkiller, génie torturé bien décidé à signer la fin des super-héros, tout en contenant tant bien que mal les pulsions de Trish (Rachael Taylor) qui découvre ses nouvelles capacités. Cette dernière enquête est l’occasion d’offrir une porte de sortie aux multiples personnages qui gravitent autour des deux femmes, une conclusion hautement satisfaisante.

De grands pouvoirs…

Si vous êtes là pour les costumes, la bagarre et les effets spéciaux, passez votre chemin. Cette saison 3 de Jessica Jones est en effet totalement aux antipodes de ce que Marvel a pu produire pour le grand écran récemment. Elle interroge même la légitimité des super-héros à travers les convictions de Foolkiller, un vilain très intéressant qui rivalise avec Killgrave (David Tennant).

De par son code moral et son sens très personnel du bien et du mal, Foolkiller n’est pas sans rappeler Dexter dans ses bonnes années. Il illustre cette prise de conscience amère que la vie est injuste et l’incapacité de composer avec. Si avoir des pouvoirs, c’est tricher, quand est-il de l’intelligence ? de la beauté ? des compétences sportives innées ? Les scénaristes ont l’intelligence de ne pas explicitement se positionner sur ces débats, préférant laisser l’esprit du spectateur cogiter seul.

Tout le débat autour de la morale, du devoir et des limites de la justice est également alimenté par Trish. Après le fiasco qu’avait été son écriture l’an dernier, les scénaristes se sont bien rattrapés en proposant un personnage complexe, une femme pleine de failles qui voit sa vie lui échapper. Les épisodes plongeant dans son passé figurent même dans les meilleurs de la saison, voire de la série.

Retour aux sources

Jessica Jones renoue cette année avec l’ambiance film noir de ses débuts. Cette saison anxiogène, presque lente pour ceux qui ne seraient pas sensibles aux détails qui font la qualité de l’intrigue, est un véritable hommage au genre. La série n’en oublie cependant pas d’où elle vient et continue de développer un univers très comics avec des bonnes idées de réalisation et des transitions travaillées.

La relation qui unie Jessica et Trish a toujours été la plus intéressante de la série, et est très justement remise au centre de l’intrigue. Après le retour inopiné de la mère de Jessica (Janet McTeer) l’an passé, le thème de la maternité et des relations familiale toxique à travers la mère de Trish, excellemment interprétée par Rebecca De Mornay, est davantage exploré cette saison. Cela sert en trame de fond la réflexion autour du monstre, toujours omniprésente et encore une fois abordée avec finesse et sous différents angles.

Un adieu à la hauteur

Cette saison de Jessica Jones avait beaucoup de pression sur les épaules, elle se devait non seulement de conclure la série, mais aussi le Marvflix. L’équipe créative a pris son temps pour écrire une fin qui ferait justice à son histoire, et le résultat est là. Si Jessica et ses acolytes restent au centre de l’histoire, quelques éléments sont disséminés et permettent de connaître la situation post-annulation des autres héros, notamment Luke Cage.

La réussite de la saison tient beaucoup à l’implication des acteurs, même l’interprète de Trish parvient, après quelques errances, à trouver son ton. Jessica a droit à des scènes incroyables, certaines des plus émotionnellement chargées depuis les débuts de la série. Le petit nouveau, Erik (Benjamin Walker), s’avère également convaincant en anti-héros taciturne. La performance la plus remarquable reste néanmoins celle de Carrie-Anne Moss sous les traits de Jerry Hoggart a qui est enfin offert un arc à la hauteur de son charisme.

Le dernier épisode est étonnamment satisfaisant, car chaque personnage finit parfaitement à sa place, très loin que celles que l’on aurait prédites quelques heures plus tôt. La conclusion prend le temps pour dire proprement au revoir à tous ces personnages que l’on a accompagnés plus de trois ans. Entre résignation, déception et nouveaux espoirs, ils passent par toutes les émotions, et nous aussi.


Avec sa dernière saison, Jessica Jones réécrit les origines du super-héros malgré lui qui doit tout perdre pour embrasser son destin et y apporte beaucoup de fraîcheur. Jamais une histoire d’êtres exceptionnels n’aura été aussi humaine et touchante. Aussi réussie esthétiquement que narrativement, la série finit au sommet et restera l’un des meilleurs produits de la collaboration entre Netflix et Marvel.

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