Après une fusillade un peu trop médiatisée, le Marshall Raylan Givens est muté dans son Kentucky natal. Sans jamais quitter son chapeau, il poursuit son métier en espérant repartir le plus vite possible, mais en attendant, il se retrouve obligé de renouer avec son passé.

Création de Graham Yost, Justified se base sur le personnage de fiction d’Elmore Leonard, Raylan Givens, présent dans deux de ses livres, et une courte histoire.

Quoi qu’il en soit, au point de départ, nous avons le Marshall Raylan Givens au cœur d’une fusillade trop médiatisée, qui fait qu’il est renvoyé dans le Kentucky – c’est de là d’où il vient. L’homme et son chapeau vont donc s’imposer dans les bureaux, surtout qu’il y a un manque de personnel, ce qui fait que les employés font un peu tout.

Les premiers épisodes s’occupent d’ailleurs de nous illustrer cet état de fait, se présentant plus comme des stand-alones. Ce n’est pas un problème en soi, si ce n’est que ce n’est pas forcément la forme que l’on pensait que la série prendrait. Il y a une bonne raison à cela : ce n’est pas le cas ; avant de le constater, il va se passer un peu de temps, affaiblissant un peu trop les débuts de la série, ce qui a dû entrainer une perte de spectateurs.

Cela est alors un peu dommage, car Justified finira par instaurer son ton et ses personnages solidement, et prendre complètement forme avant la fin de sa première saison. Elle ne parvient pas à tout faire, mais elle réussira à développer, principalement à travers ses histoires familiales et sentimentales, le plus important. Ainsi, Raylan Givens va trouver en la personne de son ami d’enfance Boyd un opposant de taille sur le terrain de la légalité, cette relation  s’étalant jusqu’à leurs pères, pour complexifier encore plus la chose. Tous les deux incarnent une idée précise sur le déroulement de l’existence, l’un ayant quitté le Kentucky et l’autre non. Ainsi, le destin l’a voulu ainsi, et les deux rôles pourraient être finalement inversés si c’était Boyd qui était parti au lieu de Givens. Les deux hommes sont donc liés par des liens complexes, jonglant entre une solide amitié et le respect des lois.

C’est en tout cas avec eux que Justified s’affirmera le plus et trouvera son souffle. Il faudra un peu plus de temps aux femmes de la série – incarné par Winona (l’ex-femme) et Ava (la nouvelle petite amie) -, chacune trouvant doucement leur place au sein du programme ; une direction assez étrange sera d’ailleurs prise avec Winona sur la fin, laissant assez dubitatif, mais permettant encore plus à Ava de s’imposer, en partie grâce à son éloignement de Givens. Il n’empêche, la saison s’achèvera sans une once de direction sur les dernières pistes lancées.

Dans tout cela, il ne faut pas non plus oublier le personnel du bureau US Marshall, incarnation des principaux défauts de la série. En fait, s’il y a du soin apporté aux affaires sur lesquelles travaille Raylan, c’est plus dans l’instauration de certains personnages que la série va clairement rater le coche. Ainsi, si Art Mullen, son supérieur, trouve grâce à sa place dans la hiérarchie une réelle raison d’exister, on ne peut pas en dire des deux autres employés, Rachel Brooks et Tim Gutterson. Au contraire, même. Le chapeau de Raylan aura plus à faire que nos deux autres US Marshall, pourtant prometteurs. Sur la fin de la saison, Rachel aura par ailleurs complètement disparu, faisant de Tim le second couteau officiel. Il n’aura pas forcément de lignes de dialogues, mais il sera quand même présent à l’image ; enfin, il ne faudrait pas en faire une généralité, quand même. Les deux sont pourtant des personnages intéressants et qui auraient mérité un bien meilleur traitement.

La première saison de Justified aura besoin de quelques épisodes pour trouver ses marques, et certains de ses défauts s’étaleront sur toute la durée. Malgré cela, ses développements réussiront à étoffer la série de façon intelligente, mettant en avant sa force narrative, en nous impliquant complètement dans ce qui se passe. Au final, on obtient des débuts plus que prometteurs, et une réelle envie de voir la suite.



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CaroleC
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