Kings - Goliath (1.01 & 02)

Allant contre les ordres, David Shepherd sauve la vie d’un soldat, qui se révèle être Jack Benjamin, le fils du Roi Silas Benjamin. La vie de David est alors transformée à jamais quand le roi le récompense pour son action.

Inspiré par l’histoire biblique de David, Kings se présente d’abord comme un mélange de genre, entre le soap contemporain et le conte de fantasy, où un jeune homme de la campagne se retrouve plongé au cœur de l’excitation de la ville, où complot politique et manipulation des médias règnent.

Kings est une série ambitieuse, très stylisée, évoluant dans un environnement propre, à l’opposé de beaucoup de ses protagonistes, salis par le pouvoir. Pour nous faire découvrir son univers, il ne faudra pas moins de 80 minutes, au cours desquelles nous nous familiariserons avec ses personnages, le temps imparti laissant amplement le temps de poser les bases avec une certaine subtilité, même si on peut noter un manque d’ingéniosité.

Parallèle religieux, historique, romance, guerre et ambigüité. La famille Benjamin gouverne le royaume, avec à sa tête le roi Silas, impeccable Ian McShane, dans une royauté où le fils est le successeur, la maitresse la secrétaire de la femme, le beau-frère le trésorier, et la fille encore légèrement volontaire et idéaliste. Malgré une promesse de paix, guerre il y aura, au cours de laquelle, David, issu du bas de la société s’illustrera. Loin du monde de la ville, il n’a aucune raison de mal percevoir son roi, il ne fait que servir son pays, et ce, même si son père a déjà perdu la vie pour ces mêmes raisons.

En sauvant la vie de Jack Benjamin, David devient un nouveau symbole, celui du héros. Ce qu’il n’est pas, ce qu’il n’était pas avant même la petite révélation finale, mais l’Amérique a toujours eu des difficultés avec ses soldats. Toujours à la recherche d’un visage à mettre sur une action. Sans le vouloir, David se retrouve plongé dans les hautes sphères, promu, fréquente la jeune fille du roi, qu’il aime plus qu’il ne devrait, et finit par réaliser les injustices de ce monde, bien qu’on puisse s’imaginer qu’il ne fut jamais naïf.

Goliath nous pose les complots à venir, les manigances du roi, et pire encore, les manigances des hommes à ses côtés. Un peu trop retors, par moment, autant qu’un certain manque de subtilité, car placer les enjeux de la corruption du monde de la royauté se révèle être plus difficile qu’ils ne devaient l’imaginer. Il faut rendre le tout fluide, agréable et intéressant. Et ce dernier point, sur l’ensemble du programme, ne sera pas une totale réussite. Un certain manque de rythme s’instaurera, car il faut le dire, tout n’est pas réussi. À commencer par la fille du roi, personnage actuellement à une facette, alors qu’en deux scènes, sa mère, femme du roi, se révèle être à la hauteur des personnages dont on a dû s’inspirer pour la créer. Symptomatique de cette entrée en matière, la volonté de montrer au spectateur la place de chacun, ce qui fait rentrer malheureusement tout le monde dans une case un peu trop rapidement, alors que l’on se familiarise à peine. Le soldat, le fils aimant les hommes, l’idéaliste, le bras droit déçu, la maitresse et l’enfant illégitime. Les pions de la royauté sont là, alors qu’au dessus, symbole religieux règne.

Kings aura sans aucun doute besoin de plusieurs épisodes pour s’affirmer, se poser, avant d’être réellement lancé. Mais de l’idée, de l’envie et une certaine ambition s’y trouvent. Et dans la jungle environnante, ceci est plus que suffisant pour attiser une curiosité qui ne demande qu’à être nourrie de programmes quelque peu originaux, rafraichissants et de qualités. Ce que ne demande qu’à être Kings.

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CaroleC
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