Knights of Bloodsteel

Dans les terres de Mirabilis, le Bloodsteel est en voie de disparition, mais une ancienne prophétie annonce qu’une pierre pourrait en fournir à volonté et celui qui la possèdera aura tous les pouvoirs. Quatre chevaliers devront alors empêcher le tyran Dragon Eye de l’acquérir.

Mini-série en deux parties d’Héroïc-Fantasy, Knights of Bloodsteel a d’abord été promue sous le titre Mirabilis. Une modification qui ne change pas grand-chose, finalement, mais je l’indique pour ceux qui auraient suivi l’évolution du projet.

Production canadienne qui n’a clairement pas eu le financement qui était nécessaire à la taille de ses ambitions, cette histoire de chevaliers nous emmène dans une contrée connue sous le nom de Mirabilis où humains, elfes, et orques vivent ensemble et ne jurent que par le Bloodsteel, un métal magique. Voilà en gros le pitch de base. On nous annonce tout en voix off, histoire de ne pas perdre trop de temps, car il faut vite se jeter dans l’aventure.

Il y a donc une prophétie, ce qui n’est pas surprenant, des sorciers, des méchants, des gentils, et même des dragons. N’oublions pas les chevaliers. À première vue, rien de révolutionnaire pour le genre, mais c’est souvent la façon dont tout est utilisé qui fait la différence.

Malheureusement, de ce côté-là, on ne peut pas dire que ça aille chercher très loin. Certes, le Bloodsteel est une variante qui est conséquente, en particulier par son aspect intrusif dans la vie des personnages, mais sortie de là, le métal reste vraiment trop abstrait pour définir des enjeux de taille nécessaire pour donner le souffle épique qui aurait pu animer l’ensemble.

Il faut admettre que ce n’est pas visuellement très accrocheur. Les effets spéciaux numériques ne sont pas toujours convaincants, les décors nous ramènent bien en arrière. Si j’osais la comparaison – les productions étant totalement différentes -, nous sommes très loin de la qualité plastique de Legend of The Seeker. On peut donc espérer que le casting se révèlera plus motivant.

Si Natassia Malthe dans le rôle de l’Elfe Perfidia donne le change, on ne peut pas en dire forcément autant à propos de David James Elliott qui ne parait pas continuellement à sa place, en particulier quand il dégaine son épée. Ils sont quatre chevaliers, d’après la légende, mais selon elle uniquement, car à côté de nos deux héros, Christopher Jacot interprète Adric, un arnaqueur qui va rapidement se retrouver totalement effacé derrière ses trois compagnons de route. Et pour finir, nous avons Ber-lak, l’orque, qui se montre bien plus nécessaire à l’avancée de l’histoire.

Bref, des personnages principaux moyennement convainquant, mais qu’en est-il du méchant, Dragon Eye. Si l’on passe son style cardassien, ses motivations sont vite expliquées et il ne sert l’intrigue que pour amener le minimum exigé de menace. Sa participation à la fin étant également obligatoire, il y trouvera tout ce qu’il faut pour finir de nous ennuyer.

Même s’il y a une volonté louable de faire de ce Knights of Bloodsteel une mini-série d’aventure rythmée et épique, les moyens mis en œuvre ne sont clairement pas suffisant pour pallier aux problèmes créés par un scénario qui emprunte des raccourcis trop évidents pour combler les carences d’un concept à moitié pensé. Le tout n’étant pas arrangé par un casting qui y croit, mais qui n’arrive pas pour autant à éviter les pièges qu’une réalisation mollassonne n’arrête pas de poser.