Les premiers arrivés au bureau, Arnie et sa secrétaire Roxanne découvrent le corps de Norman Chaney, un partenaire de la firme. Michael se retrouve à défendre un homme fortuné accusé de viol. Ann décide de prendre un dossier pro bono. Victor Sifuentes est approché pour rejoindre la firme.

Ce nouveau pilote rétro nous ramène en 1986 avec L.A. Law, une série créée par Steven Bochco, fraîchement débarqué de Hill Street Blues, et par Terry Louise Fisher, ancienne juriste.

C’est une série judiciaire, donc, qui prend place dans la firme McKenzie, Brackman, Chaney and Kuzak. Ce pilote va nous permettre de rencontrer les principaux associés et autres avocats qui y travaillent, en particulier Michael Kuzak, Arnie Becker, Ann Kelsey, Douglas Brackman, Jr., Abby Perkins, Leland McKenzie, ou encore Stuart Markowitz. Avec Victor Sifuentes et Grace Van Owen (absente de ce pilote), ils formeront le cœur de la série, beaucoup d’autres viendront les rejoindre ou les quitteront.

Mais on est là pour parler du pilote, donc il n’est pas nécessaire de s’arrêter sur le devenir de la série, surtout que je ne l’avais pas suivi avec beaucoup d’assiduité. D’ailleurs, je n’étais pas vraiment un fan, il faut dire qu’à l’époque de sa diffusion française, j’étais probablement trop jeune pour réellement apprécier ses qualités. De plus, je n’étais pas très intéressé par la partie plus sentimentale du show.

Bref, se lancer dans ce premier (double) épisode aujourd’hui est un peu violent, en particulier à cause du fait que l’on se retrouve face à un Corbin Bernsen dont j’avais oublié la blondeur. Ça et les costards de l’époque. Ce qui vieillit le plus est indéniablement la musique, car le reste trouve impeccablement sa place dans la déco d’époque. Pour ceux qui n’ont pas connu les ‘80s, cela peut quand même demander un certain effort d’appréciation.

Quoi qu’il en soit, il ne faut pas se fier à l’esthétique, car ce qui ressort principalement de ce pilote, c’est l’aspect historique, pour ne pas dire anthropologique, de la société qui nous est présentée. Les mentalités ont évolué et étaient déjà en mutation à l’époque. Le fait est qu’aujourd’hui il faut faire attention à tout ce que l’on dit, en 1986, pas vraiment et c’est plutôt intéressant de voir que personne n’est outré.

De plus, pour débuter, L.A. Law ne commence pas avec simplicité, mais avec une audace qui est saluable. Michael (Harry Hamlin) se retrouve en effet à défendre un homme qui a participé au viol d’une femme noire et atteinte d’une leucémie. Dans le rôle de la victime, nous avons Alfre Woodard qui était déjà étonnante. L’affaire se conclura avec un sens mesuré de la moralité qui était inévitable, mais qui est mis en place sans trop de fioritures.

Avec ça, nous avons Arnie (Bernsen) qui s’occupe d’un divorce et nous montre quelques-uns de ses coups afin d’illustrer son talent pour la manipulation et ses motivations financières. Cette dernière thématique sera d’ailleurs abordée à plusieurs moments, car il s’agit d’une firme privée qui ne fait pas vraiment dans la charité. Ann (Jill Eikenberry) imposera quand même son dossier pro bono qui attirera l’attention quand on commencera à parler zéro sur le chèque.

Au milieu de tout ça, on nous injecte des éléments liés à la vie privée de certains des avocats, ce qui n’est pas forcément très bien fait, en particulier avec Abby (Michaele Greene) et son mari alcoolique et chômeur.

Ce double épisode nous offre donc une introduction qui semble assez complète sur papier, mais qui se révèle presque trop juste vu la densité de l’univers dans lequel on plonge. Il y a beaucoup de personnages et tous n’ont pas droit au même traitement. Il faut dire que c’est une série judiciaire et que cela se devait d’être représenté. C’est fait avec efficacité et cela apporte d’ailleurs les nuances très intéressantes.

24 ans après sa diffusion, ce premier épisode de L.A. Law n’est pas dénué d’intérêt, au contraire, il a probablement gagné autant qu’il a perdu. Malgré ça, le show est fortement attaché à son époque, ce qui lui donne un coup de vieux non négligeable qui demande donc un peu de volonté pour passer outre et apprécier les qualités toujours bien présentes.