Après son évasion de l’hôpital, David a trouvé refuge dans un complexe dirigé par Melanie Bird. Avec l’aide d’un autre mutant, elle pousse David à faire un voyage dans sa mémoire pour réécrire son histoire et accepter ses pouvoirs.

Tout est libre à interprétation. Dans le cas de David, il a passé son existence à croire qu’il était schizophrène. Cependant, il vient tout juste de découvrir que les voix qu’il entend ne seraient pas issues de la maladie, mais de ses pouvoirs mutants. Maintenant auprès d’un groupe mené par Melanie Bird (Jean Smart, Fargo saison 2) il est poussé à réexaminer son passé pour lui donner un nouveau sens.

David n’est pas le seul mutant de Legion, car pour effectuer ce voyage dans la mémoire, la série nous introduit à Ptonomy Wallace (Jeremie Harris), qui a fait une rapide apparition à la fin du pilote. Ce dernier est donc « un artiste de la mémoire », un pouvoir qui permet à Noah Hawley d’aller fouiller dans la tête de son protagoniste.

Dans la lignée du premier épisode, le second de Legion s’appuie sur son montage pour nous balader dans différentes scènes. Le procédé nous pousse à examiner de plus près ce qu’on nous présente, à noter de possibles détails que l’on avait pu rater et surtout, à chercher à percer le mystère avec David, et au fond, le nôtre. D’une certaine manière, le problème au cœur de cet épisode peut toucher n’importe qui, car le souvenir du passé — aussi précis puisse-t-il être — n’est pas forcément ce que l’on croit.

L’histoire de David est à l’évidence faite de traumatismes et de séances de thérapies, et d’une certaine fuite en avant pour éviter de se confronter à ce qui ne va pas. Déjà à son deuxième épisode, Legion cherche à décortiquer son personnage principal et à le pousser dans ses retranchements alors même qu’il n’a pas vraiment eu le temps de se faire à sa nouvelle réalité.

Si cela peut paraitre violent, le scénario en lui-même se révèle moins décousu que le sujet n’aurait pu le laisser présager. Il devient rapidement évident qu’il y a un barrage et la série nous oriente d’ailleurs un temps vers la place de la figure paternelle dans son existence. Certains autres éléments se démarquent, leur signification n’étant pas encore révélé mais ont un rôle à jouer dans l’histoire. Il y a donc beaucoup à démêler et le récit se construit en signifiant l’importance de s’y confronter, malgré la difficulté qu’il y a à le faire, pour réussir à progresser.

De ce fait, Legion s’affirme comme une série avec une temporalité malléable. On passe plus de temps dans les souvenirs, dans le passé que dans le présent. Noah Hawley ne nous disperse pas pour autant, s’attelant bien à ancrer les évènements dans une période précise pour que l’on puisse progressivement construire le puzzle qu’est David.

Si cela fonctionne si bien, c’est à l’évidence aussi grâce à un travail d’ambiance prenant, jusqu’à créer une sensation de claustrophobie lorsque David est dans l’appareil IRM. Cela semble pendant un temps sans fin, c’est alors avec un certain soulagement que cette épreuve est coupée court par les pouvoirs de David.

En allant fouiller dans la tête de son protagoniste, Legion commence à mettre un peu d’ordre dans les capacités que David possède, que ce soit lorsqu’il l’explique ou les utilise — principalement avec Syd qui existe présentement pour le garder dans le droit chemin et les yeux rivés sur le principal objectif à atteindre. Si cela est un brin réducteur, leur relation n’en est pas pour autant diminuée, le couple étant particulièrement attachant malgré le fait qu’il n’y a que deux épisodes.

Après un pilote qui en mettait plein la vue, Legion enchaine donc avec un second qui solidifie son approche narrative, à quel point le passé influe sur le présent et l’important de démêler le vrai du faux pour que l’histoire puisse avancer. Le tout avec des touches d’humour régulières et un soupçon d’angoisse psychologique plus qu’inspiré.