Legion Saison 1 : Le malade pas si imaginaire

6 Avr 2017 à 13:30

S’il y a bien une chose que l’on n’attend plus de l’adaptation d’un comic book, c’est qu’elle soit fidèle au matériel d’origine. Avec Legion, il n’y a aucun risque que cela change. Développée par Noah Hawley, cette série sort un des mutants des pages des X-Men et l’utilise comme étant le catalyseur d’une allégorie sur l’identité.

Ainsi, après avoir transposé le monde des frères Coen sur le petit écran avec Fargo, le scénariste construit son propre univers personnel et y pose un personnage à part, David Haller (Dan Stevens), le fils du célèbre Charles Xavier. Ce détail, nous le connaissons parce qu’il vient des comics, mais il se trouve que, dans cette première saison de Legion, David est une page blanche. Enfin, dans le sens où il ne sait pas véritablement qui il est et encore moins ce qu’il est.

Tout débute dans un hôpital psychiatrique où David rencontre Syd (Rachel Keller). Ils tombent amoureux, mais l’idylle se heurte rapidement à un obstacle quand les membres de l’obscure agence gouvernementale Division 3 interviennent. David est alors sauvé par Syd et ses amis qui vont tenter de l’aider à contrôler ses pouvoirs en explorant ses souvenirs. La clé de son identité réelle est dans son passé. Le problème est qu’il y a plus que ça dans sa tête.

Composée de seulement 8 épisodes, Legion nous propose ainsi une plongée dans la psyché de son héros malade. Entre récit métaphysique et aventure psychédélique, cette première saison est un vrai festival visuel et auditif. Avec l’esthétique qui mixe rétro et moderne tout en étant référentielle à souhait, le voyage ne ressemble à aucun autre et fascine pour cela.

Néanmoins, à force de s’appuyer sur le style à outrance, le récit se dilue en s’étirant plus que nécessaire et en cherchant à dérouter l’histoire pour éviter qu’elle ne parvienne trop rapidement à atteindre son point de non-retour.

Concrètement, Noah Hawley cherche à briser les codes du genre et se refuse d’embrasser une structure épisodique rigide. En faisant ça, sa saison forme un tout cohérent quand on prend du recul et apparait faite pour être bingée. Ce n’est pourtant pas de cette manière qu’elle a été proposée et chaque partie n’a définitivement pas le même intérêt que les autres.

Legion n’a en effet qu’une seule et unique histoire à raconter. Ici, nous ne trouvons pas de storylines secondaires devant aider à combler les épisodes en attendant d’arriver au moment des révélations. Malheureusement, cette intrigue centrale n’est pas assez substantielle pour que l’on ne note pas que la majorité des personnages ne sont que des outils scénaristiques qui n’obtiennent jamais assez d’attention pour véritablement prendre corps.

David est donc tout ce qui compte et il est captivant quand on cherche à le comprendre, en particulier à partir du moment où ceux qui veulent l’aider réalisent qu’il n’est pas exactement ce qu’il parait être. Il y a une dualité dans le personnage qui passionne Noah Hawley et il se focalise dessus au point que tout ce qui l’entoure s’estompe progressivement.

Il parle de maladie mentale, d’identité et de traumatismes, mais ce n’est que quand David sert de catalyseur que cela prend un sens. Le reste n’est qu’une garniture à la finalité limitée.

Dans ce sens, Legion n’est définitivement pas une série de super-héros mutants et encore moins un show traditionnel — ce qui n’est pas un problème. Par contre, aussi intéressants que puissent être les concepts thématiques, narratifs et visuels qui sont développés, cette première saison souffre du fait que son scénariste apparait plus absorbé par la manière avec laquelle il veut faire passer son message que par celui-ci qui finit par s’évaporer.

À la fin, il reste une expérience un peu à part, un casting qui a impressionné — en particulier Aubrey Plaza — et un joli spectacle pour les yeux. C’est certainement beaucoup, sauf si vous espériez que cette première saison de Legion livre une histoire plus développée et des personnages étoffés, ce qui finit par manquer en bout de course. Cela donne un show unique qui devient plus une curiosité qu’une œuvre réellement conséquente. Malgré tout, le potentiel est toujours là et la saison 2 pourrait corriger cela assez facilement.

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