À l’image de Jane Eyre et à l’opposé de la dame de Wildfell Hall, Les Hauts de Hurlevent (de son titre original Wuthering Heights) d’Emily Brontë ne cesse d’être porté à l’écran. La chaine britannique ITV revisitait alors ce classique de la littérature britannique en 2009 sous la forme d’une mini série en deux épisodes.

Scénarisé par Peter Bowker, cette version de Les Hauts de Hurlevent s’étale donc sur un peu plus de deux heures pour retranscris l’histoire tragique de la famille Earnshaw qui bascule quand le père adopte Heathcliff, un jeune bohémien.

Mr Earnshaw est donc le maitre du domaine des Hauts de Hurlevent où il y vit avec ses deux enfants, Cathy et Hindley. Il revient d’un voyage avec Heathcliff (Tom Hardy) qu’il a pris sous son aile. Cet attachement donne le jour à une haine farouche entre Hindley (Burn Gorman) et Heathcliff, alors qu’une relation d’une tout autre nature se développe avec Cathy (Charlotte Riley). Dans les deux cas, des tourments émotionnels sans fin en découlent.

Peut-être, car 2 heures n’étaient pas suffisant ou faute d’une bonne gestion de certains éléments, Les Hauts de Hurlevents rencontre quelques obstacles pour mettre en place le récit, principalement lorsqu’il est question de la naissance du couple principal, Heathcliff et Catherine. Les hésitations sont mal articulées, les évènements quelque peu précipités et éclipsant l’angle plus psychologique des personnages servant pourtant à mieux cerner et comprendre leur relation passionnelle et destructrice.

Devant la caméra de Coky Giedroyc, les deux protagonistes doivent donc prendre de l’ampleur. Catherine représente la bataille entre le conformisme et l’indépendance, deux parties d’elle qui la déchire de l’intérieur.

Alors que Heathcliff s’éprend de l’être impulsif et passionné qu’elle peut être, Catherine est naturellement poussée par la société dans laquelle elle évolue à occuper une place plus conventionnelle. C’est auprès d’Edgar (Andrew Lincoln) et de sa sœur Isabella que l’occasion lui est offerte. Des choix de Catherine découle la tragédie qui la tourmente et affectera son enfant.

C’est sans surprise dans l’éloignement que le couple phare prend complètement corps. La passion qui anime Heathcliff et Catherine se veut plus tumultueuse, sensuelle et déchirante dès lors qu’ils sont mis à l’épreuve. Tom Hardy et Charlotte Riley dominent alors chaque scène à partir de là, le premier excellant lorsque son personnage se montre plus froid et calculateur.

Si leur amour tragique et destructeur domine, le scénariste Peter Bowker réussit à imposer ses personnages secondaires avec succès, et ce, dès le début. Ils gravitent tous autour du couple pour mieux illustrer le propos et les thématiques. Hindley (impeccable Burn Gorman) s’impose au départ par sa haine envers Heathcliff avant d’être détruit par la mort de son épouse. Edgar Linton offre une opposition intéressante à Heathcliff, personnage tout en sobriété et remplissant les attentes de la société. A leurs côtés, Sarah Lancashire dans la peau de la servante Nellie ou encore Rosalind Halstead dans celle d’Isabella Linton complètent parfaitement l’ensemble.

Si cette adaptation de Les Hauts de Hurlevent tâtonne légèrement dans ses débuts, Peter Bowker finit par trouver ses marques pour donner le jour à une adaptation prenante où les faux pas sont effacés au fil des minutes pour ne laisser alors la place qu’à la passion aussi destructrice que mémorable de Heathcliff et Cathy.

La mini-série Les Hauts de Hurlevent est diffusée sur Numéro 23 à partir de 20h55 ce 3 janvier 2017.

Les hauts de Hurlevent
Price Disclaimer

avatarUn article de .
CaroleC
0 commentaire