Lethal Weapon (Pilote)

Même si le film approche à grands pas de ses 30 ans, L’Arme fatale reste un pilier du cinéma d’action. C’est le buddy cop movie par excellence et c’est le duo Riggs/Murtaugh est tout simplement iconique. Naturellement, l’idée d’avoir une version série parait aussi incongrue que ne l’était Los Angeles Heat sa précédente « adaptation » officieuse – et relativement déplorable.

Ce n’est pas ce qui pourrait arrêter de FOX qui n’a juste peur de rien, surtout quand il est question de presser tous les dollars possibles d’une franchise – même quand celle-ci a déjà fait son temps. La vérité est que, dans le fond, le concept de Lethal Weapon n’a rien perdu de sa force, car Shane Black a simplement donné le jour à d’excellents personnages qui sont toujours efficaces aujourd’hui.

Dans la version série développée par Matt Miller, ce sont donc Clayne Crawford et Damon Wayans qui reprennent les rôles emblématiques joués par Mel Gibson et Danny Glover. Le premier est le flic brisé avec une tendance suicidaire qu’il ne cache pas et le second n’est pas encore trop vieux pour ses conneries, mais il y vient rapidement.

Forcément, ce n’est pas suffisant pour introduire Riggs et Murtaugh à une toute nouvelle audience. Il ne faut pas se faire d’illusions, ce show n’est pas là pour séduire uniquement ceux qui ont grandi avec les films, mais également pour leurs enfants. De façon intéressante, Lethal Weapon s’ouvre dans la grandiloquence, mais délivre dans la foulée un très mauvais coup. Miller a choisi de montrer la mort de la famille de Riggs et non de jouer autour. Une décision pertinente, car elle dévoile le personnage au sommet et au fond du trou en l’espace de quelques minutes, démontrant qu’il y a plus derrière son attitude suicidaire qu’une excuse pour des explosions.

Naturellement, on enchaine avec Roger qui a lui-même frôlé la mort et, contrairement à son nouveau partenaire, il compte tout faire pour rester en vie. C’est en travaillant avec cette opposition que le pilote prouve que Lethal Weapon a quelque chose à offrir. Concrètement, il y a du cœur et ce début d’amitié entre Riggs et Murtaugh est alors assez bien introduite.

Pour la partie policière, c’est assez léger et il est évident que cela est totalement volontaire. La série s’impose comme étant un pur divertissement qui n’a pas peur d’en faire trop. Wayans et Crawford semblent d’ailleurs bien s’amuser et cela devient rapidement communicatif. Cela n’empêche pas pour autant les acteurs d’être vraiment bons quand il est nécessaire de jouer la carte dramatique. Les spectateurs de Rectify le savent déjà, Clayne Crawford est excellent si on lui donne le matériel adéquat et, de façon surprenante, cela arrive à 2-3 reprises dans ce pilote.

Sans surprise cependant, même si le scénario de Matt Miller parvient à instiller une part de la noirceur qui rendait le film d’origine unique en son genre, il ne l’embrasse pas totalement, en particulier quand il est question de violence. Nous sommes sur FOX et il est évident que la série doit ratisser large en terme d’audiences et cela est bien pris en compte.

Dans ce sens, il ne faudra certainement pas attendre de Lethal Weapon plus qu’un cop show enlevé, mais il est appréciable de constater qu’il y a une volonté claire de ne pas sombrer dans la stupidité. Les nouveaux Riggs et Murtaugh ne remplaceront pas les originaux et ils n’essaient pas réellement de le faire. De plus, quand on voit ce qu’a donné L’arme Fatale 4, on sait qu’ils ont déjà eu des passages à vide. La série a donc le mérite de montrer ses forces et ses limites dès le pilote et de ne pas promettre plus qu’un bon moment de détente, à défaut de pouvoir faire plus. Dans ce sens, il y a presque de quoi être satisfait – et puis, on peut toujours revoir les films si on ne l’est pas.