Lethal Weapon Saison 1

Faire une adaptation de qualité n’est pas évident. Livrer une série policière originale réussie est un challenge de nos jours – et trouver le succès sur FOX l’est d’autant plus. Par conséquent, que pouvions-nous réellement espérer obtenir avec Lethal Weapon, le portage en série des aventures de Riggs et Murtaugh, l’improbable duo de flics tout droit sorti du long métrage L’arme Fatale de 1987 ?

La réponse n’est pas réellement complexe. On peut dire que les attentes étaient peu élevées, en particulier après le ratage que fut Rush Hour la saison dernière sur CBS. Il faut également remarquer que cette dernière n’était pas basée sur un film aussi important – puisqu’il était d’ailleurs fortement influencé par le classique scénarisé par Shane Black.

Concrètement, l’original Lethal Weapon était plus qu’un blockbuster, c’est la réussite du buddy cop movie qui a été imitée, mais jamais égalée.

Plus qu’un duo de flics, une formule explosive

Nous venant de Matt Miller, le créateur de la série Forever, cette adaptation de Lethal Weapon est donc un procedural drama policier assez standard sur papier. En fait, même à l’écran, on ne peut pas dire que le concept soit particulièrement hors-norme.

Vétéran de la police de Los Angeles, Roger Murtaugh (Damon Wayans) reprend du service après une opération du cœur. Il se voit alors attribuer un nouveau partenaire, Martin Riggs (Clayne Crawford), qui arrive du Texas. Rapidement, Murtaugh réalise que Riggs a des tendances suicidaires et des méthodes qui vont dans ce sens.

À chaque épisode, notre duo de détectives se retrouve donc à chasser un criminel générique particulièrement violent. Meurtres, courses poursuites et engueulades du patron – joué par Kevin Rahm – sont de rigueur. C’est simple et ça ne se veut d’ailleurs pas compliqué. L’intérêt est ailleurs.

Une comédie noire détonante

Lethal Weapon est typiquement le type de série que l’on ne suit pas pour autre chose que pour être diverti de la manière la plus basique qui soit. La comédie est bien présente et est amplement alimentée par Clayne Crawford et Damon Wayans qui semblent s’amuser ensemble au moins autant qu’ils espèrent que l’on s’amuse à les regarder.

Matt Miller a concocté un cop show qui cherche donc en toute honnêteté à ne pas se prendre trop au sérieux. Malgré tout, il conserve à un certain degré le côté sombre venant des films. Martin Riggs a perdu sa femme qui était sur le point d’accoucher. Cela n’est jamais oublié, car c’est là que les motivations du personnage trouvent leur force.

Étonnement, Lethal Weapon nous parle ainsi du deuil avec une franchise qui pourrait presque paraitre déplacée dans une série qui se prend si peu au sérieux. Néanmoins, c’est étrangement à sa place.

Une série familiale

Ce qui explique que la part d’ombre de Riggs ne déroute pas le show se trouve être Murtaugh. Lethal Weapon échoue à retranscrire fidèlement l’énergie brute du film original, la remplaçant par une version plus diluée, mais elle a su conserver ce qui la catalysait. Ainsi l’opposition entre Murtaugh et Riggs est le cœur de la série et la famille du premier occupe alors une place notable pour contrebalancer l’absence de celle du second.

L’équilibre en ce début de saison gagnerait à être un peu mieux travaillé, les Murtaugh ayant par moment tendance à être un peu forcés dans l’histoire – notamment dans l’épisode 4 avec son intrigue étrangement inspirée par un épisode de black-ish. Malgré cela, cette manière d’imposer la composante familiale par-dessus l’aspect policier permet également de diminuer le fait que la partie investigation est vraiment basique.

L’Arme Fatale : The Series

Les deux flics de Lethal Weapon ont du chemin à parcourir ensemble maintenant que FOX a allongé la commande, mais il faut reconnaitre qu’ils sont bien partis. Certes, ils ne s’engagent à nous livrer chaque semaine qu’une aventure légèrement farfelue et peu exigeante, mais ils se dédient à la tâche. De plus, Riggs et Murtaugh n’ont pas peur d’être sérieux quand cela est nécessaire, évitant ainsi que le divertissement qu’ils proposent soit totalement dénué de substance, et c’est probablement ça qui devrait leur offrir un bel avenir.