Life in Squares : une peinture de la vie sentimentale d’artistes

Life in Squares

Avec Life in Squares, BBC Two propose de se tourner vers le Bloomsbury group, parfois simplement appelé Bloomsbury, groupe d’artistes et d’intellectuels qui recherchent à construire une vie détachée des contraintes du passé au cours de la première moitié du XXe siècle. Ses membres et leur philosophie existentielle ont suscité autant de controverse et de fascination, encore jusqu’à aujourd’hui.

The Bloomsbury Group « lived in squares, painted in circles and loved in triangles » — Dorothy Parker

Si le titre de cette série en trois épisodes pouvait laisser supposer une œuvre nous dressant un portrait social de ce groupe et des controverses qu’il pouvait susciter, la scénariste Amanda Coe décide très tôt de se concentrer sur l’un de ses membres. Life in Squares se révèle alors être plus au sujet de Vanessa Bell (Phoebe Fox), peintre et sœur de Virginia Woolf, que du Bloomsbury group – même si les deux sont intrinsèquement liés.

C’est en tout cas à travers elle que la série cherche avant tout à véhiculer les conflits et les contradictions d’un groupe qui a choisi de rejeter les valeurs de leurs parents au profit d’une vie plus bohémienne – et plus controversée.

Life in Squares ne s’intéresse pas à proprement parler à l’art que peut pratiquer les membres du groupe. Cet angle prend avant tout vie dans la réalisation de Simon Kaijser qui multiplie les images floues pour retranscrire l’ambigüité des relations. Les plans de caméras faisant écho aux peintures paysagistes reflètent quant à eux le monde artistique dans lequel évoluent les personnages. Dans une volonté de cultiver une ambiance, le rythme se révèle quelque peu saccadé et les transitions manquant de fluidité.

La faute aussi au scénario d’Amanda Coe qui est surtout intéressée par les histoires sentimentales compliquées de ces figures historiques au point d’en oublier de s’arrêter sur ce qui est censé les différencier. La scénariste tient donc pour acquis que le téléspectateur est plus que familier avec les personnages et leurs accomplissements, les survolant au mieux. Il en ressort alors des portraits de personnages qui, pour la plupart, sont inachevés. Difficile de saisir au sein de ces épisodes l’importance qu’a pu avoir, entre autres, Virginia Woolf (Lydia Leonard) ou l’économiste John Maynard Keynes (Edmund Kingsley), ni même, au fond, quel genre de personnes ils étaient vraiment.

Life in Squares s’intéresse plus en détail à la vie sexuelle de ses personnages et aux multiples triangles relationnels impliquant Vanessa Bell et le peintre Duncan Grant (James Norton) – qui préféraient les hommes. Sur ce plan-là, tout est fait pour nous présenter les idées libérales du groupe et nous plonger dans des dynamiques qui ne sont pas très simples mais majoritairement assumées. Malgré le fait que le récit est donc pleinement tourné vers cet aspect, la scénariste rencontre des difficultés à retranscrire ces entrelacements d’amour et de jalousie.

Life in Squares fait par ailleurs le choix de changer d’acteurs pour incarner les versions plus adultes, ce qui a de quoi décontenancer au départ. Les légères insertions dans les deux premiers épisodes de moments se déroulant plus tard sont maladroites et étrangement inutiles, si ce n’est outre tenter de nous alerter du changement qui nous attend. Si la série aurait pu garder les mêmes interprètes d’un bout à l’autre à l’aide d’un bon maquillage, Eve Best, Rupert Penry-Jones ou encore Jack Davenport se glisse aisément dans les costumes de Vanessa, Duncan et de leur ami David ‘Bunny’ Garnett. La troisième et dernière partie laisse alors place aux déceptions, possibles échecs et réalité familiale inévitable. Celle-ci permet ainsi de porter un regard plus intéressant sur les choix existentiels du groupe, dénué de l’idéalisme de la jeunesse.

Au final, Life in Squares n’est certainement pas la série qui aidera à mieux comprendre la place qu’a pu occuper le Bloomsbury group en son temps. Une histoire plus centrée sur Vanessa Bell et sa vie privée nous éloigne des questions plus philosophiques et politiques de l’époque. Les enjeux plus sentimentaux sont explorés avec plus ou moins de succès, l’ensemble souffrant d’une mise en place d’un contexte et de ses personnages trop bâclée qui donne alors le jour à un récit brouillon.

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