En 2006, le Détective Sam Tyler de la police de Los Angeles est à la poursuite d’un tueur en série. Il se fait percuter par une voiture et se réveille en 1972. Acceptant difficilement sa situation, il va se décider à jouer le jeu quand le serial killer commet ses premiers meurtres. Ses méthodes de travail vont pourtant avoir du mal à être prises au sérieux par ses nouveaux collègues.

Voici donc le pilot du remake de Life On Mars dans sa première version. Pour des raisons purement financières, le tournage déménage de Los Angeles à New York, ce qui risque de changer le visuel final de la série. En attendant, nous pouvons nous jeter dans ce pilot comme si on était déjà venu, car c’est franchement l’impression qu’il en ressort.

Pour ceux qui n’ont pas vu la série originale, il est difficile de dire comment cet épisode va être perçu. Pour les autres, et bien, voyons voir par où commencer.

Si on regarde de loin, ce premier épisode est une copie carbone de son homologue britannique – avec d’autres acteurs bien entendu. La principale différence est la place de la femme dans la police. Alors qu’en 1973, Annie Cartwright commençait la série en étant ignorée, sous utilisée et cantonnée à des taches subalternes, ici, en 1972, aux USA, elle est déjà intégrée aux détectives. Sortie de cela, elle va vivre les mêmes scènes auprès de Sam.

Du côté de la brigade, Chris et Ray ont disparu et semblent remplacés par un seul et même homme George Randall. Gene Hunt, par contre, reste le même : gueulard, toujours le premier à distribuer les gnons et n’a aucun respect pour Sam.

L’histoire se déroule sans surprise. Le scénario suit à la lettre la version UK. Une affaire de tueur en série en 2007 qui trouve écho en 1972. L’intégration de Sam Tyler dans son nouveau cadre de vie est plus en avant que la résolution de l’enquête. Celle-ci se bouclera sur une liaison avec les évènements futurs. Le coma est plus explicite que dans l’originale, mais on retrouve les mêmes éléments visuels ou sonores – la télévision, les sons…

Le résultat final n’est pas mauvais, loin de là. Le matériel d’origine reste cependant supérieur, mais, encore une fois, ceux qui ne connaissent pas ne seront pas gênés, et, au contraire, pourrait fortement apprécier l’originalité du concept dans le paysage audiovisuel américain.

Au niveau du casting, Jason O’Mara a bien saisi l’essence de Sam Tyler, mais fait preuve de moins de présence et d’arrogance que John Simm. Il parait un peu trop effacé. Colm Meaney est un excellent acteur et cela lui permet de ne pas trop souffrir de la comparaison avec Philip Glenister, seulement voilà, ce dernier est Gene Hunt. Il a créé le mythe autour du personnage avec ses mimiques et sa façon de gueuler et de distribuer les coups. Meaney n’a ici que peu d’occasions de s’affirmer, mais il est certain qu’il ne sera jamais véritablement Gene Hunt. La déception vient d’Annie Cartwright. Rachel LeFevre n’est pas mauvaise, mais souffre cruellement de la comparaison, car elle est quand même assez présente aux côtés de Sam. L’accent et le regard presque maternel de Liz White manquent terriblement.

N’étant pas un fan inconditionnel de la série britannique, je reste assez ouvert à ce qui peut être apporté par une version américaine. Il faudrait cependant faire table rase des histoires de l’originale pour les remplacer par d’autres, bien plus ancrées dans la culture américaine de l’époque. Ce pilote ne va pas vraiment dans ce sens. Il serait intéressant d’avoir une critique de quelqu’un qui n’a pas vu la série de la BBC, mais en attendant, les autres risquent de s’ennuyer ferme devant cette nouvelle édition dotée d’une personnalité moins forte, et d’une intrigue déjà connue.