Sur la plage, Ilana parle à Jack, Hurley, Sun, Ben, Miles et Frank de la visite que lui a rendue Jacob à l’hôpital et du fait que pour la suite, c’était Richard qui avait les réponses. Celui-ci a perdu sa foi et décide de rejoindre son ennemi.

Depuis plusieurs saisons je guettais les indices sur Richard. Le personnage était l’un des plus gros mystères de l’île qui semblait malgré ça être un peu oublié. À la mi-saison, voilà finalement l’épisode qui nous illustre son arrivée sur l’île et comment il a obtenu son « job ».

1867. Les îles CanariesIslas Canarias, pour rester dans la langue de Ricardo. Richard vivait avec sa femme Isabella qui était malade. En bon mari, il part chercher le médecin qui se trouve ne pas être très altruiste. Ceci entrainant cela, Richard finit en prison, puis sur un bateau, puis sur l’île, puis face au monstre de fumée. Tout s’emboite assez facilement, pas de twists incompréhensibles, juste une forte présence de la religion qui fournit de quoi alimenter l’imagerie définissant l’opposition entre Jacob et The Man in Black.

Tout se repose sur la mise en condition, sur la création d’un terrain qui permet la manipulation. Richard est victime d’un jeu dont la finalité est son contrôle. Si The Man in Black était parvenu à ses fins, il aurait quitté l’île il y a longtemps. Avec Richard, c’est la première fois – visiblement – qu’il tente de tuer Jacob. En fait, il semble que la relation qui lie les deux entités n’est pas définie par beaucoup de règles. L’un est le gardien, l’autre, le prisonnier. Si le second trouve le moyen de s’échapper de l’île qui est sa prison, il répandra l’Enfer sur Terre.

C’est là que ça se met à sonner un peu simpliste, car quand Jacob explique à Richard le rôle de l’île, il semble avant tout utiliser ce que croit l’homme à qui il s’adresse pour le convaincre d’accepter la part qu’il a jouée dans toute l’affaire. Si Richard n’avait pas été aussi ancré dans ses croyances religieuses et aussi atteint par la mort de sa femme, Jacob aurait-il joué cette carte ou aurait-il inventé une autre histoire ? Car une chose est sûre, The Man in Black ne ment pas (il omet juste de dire des choses), tandis que Jacob manipule, avec les meilleures intentions du monde, certes, mais il est difficile de déterminer si ce qu’il dit est vrai ou s’il fait une parabole afin de convaincre plus aisément.

Quoi qu’il en soit, à l’heure actuelle, son histoire est bien la première qui semble justifier l’existence de l’île en suivant une certaine logique. Maintenant, si on la suit, l’univers des Flash Sideways prend une toute nouvelle dimension, car l’île n’existe plus et, forcément, The Man in Black n’est plus dessus. Où serait-il ? Est-il toujours en vie ? Si cela se trouve, l’explosion est similaire à celle qu’avait provoquée Desmond dans The Swan, et l’île n’était alors qu’un système de sécurité qui une fois anéantie remettait les choses dans l’ordre – les conséquences de cette explosion m’ont longtemps laissé perplexe.

Enfin bon, le rôle de l’île n’explique pas vraiment ses particularités électromagnétiques ni ses origines, car on n’a ici que l’histoire du Black Rock, il reste encore beaucoup à dire sur le sujet.

Pour en revenir à l’épisode en soi, l’aventure de Richard s’est montrée simple, mais efficace. Il y a quand même quelques longueurs et un peu plus de rebondissements n’auraient pas été désagréables. Du côté du présent, c’est le strict minimum. D’ailleurs, l’intervention d’Hurley a un côté trop pratique, même si elle permet de délivrer les éléments de conclusions nécessaires. Le talent des acteurs compense cela, surtout Nestor Carbonell qui a pour une fois du véritable matériel pour bâtir son personnage.

Donc, au final, Ab Aeterno a tenu ses promesses, dans un sens, mais est quand même apparue plutôt léger sur certains points de son histoire. L’épisode a le mérite d’apporter une certaine assise à cette affaire de candidats qui est arrivée un peu trop soudainement et qui peine toujours un peu à trouver sa logique avec le passé des protagonistes.

Nous sommes donc à la mi-saison, il reste largement le temps pour étayer tout cela et pour fournir les réponses manquantes. Il faut juste être encore patient.