Mad Men - Five G (1.05)
Don gagne une récompense et sa photo apparaît dans le Advertising Age. Cela fait alors remonter le passé à la surface, une situation qu’il n’est pas prêt à affronter.
Ken réussit à se faire publier une nouvelle dans The Atlantic Monthly, suscitant la jalousie de ses collègues, et poussant Pete a formulé une requête particulière auprès de sa femme.
Peggy surprend une conversation au téléphone, et confie ce qu’elle a appris à Joan.

Il y avait eu beaucoup d’insistance sur le mystère Don Draper. L’homme qui ne parle jamais de lui. Les raisons d’un tel silence vont commencer à prendre forme. Nous assistions deux épisodes plus tôt à une étrange scène, où un homme prenait Don pour un certain Richard. Ce n’était pas purement anecdotique, comme nous allons le découvrir. En effet, Adam Whitman vient le voir, disant être son frère. A part que Don s’appelle en réalité Richard. La situation est alors difficile à gérer, Draper refusant de voir son passé piétiner sa nouvelle vie. Il finit par apporter de l’argent. 5000$, et demande à son frère de s’en aller, de quitter New-York, et de l’oublier.
Don était donc censé être mort, et ne s’appelle pas réellement Don Draper. Cette intrigue reste assez évasive, car, à part le changement d’identité, et quelques petites informations familiales, rien ne nous sera fourni sur celui qui s’appelait Richard. On nage dans les eaux obscures, et c’est surtout la peur de Don que l’on va ressentir, son angoisse de voir sa vie basculé si cela devait changer. Du moins, on le suppose. Car, à la vérité, on ne sait pas pourquoi il a changé de nom, ce qui s’est passé, quels sont ces antécédents familiaux. Don reste encore un véritable point d’interrogation, mais cela a le mérite de nous sensibiliser au personnage, assez froid, au premier abord.

Peggy surprend le coup de téléphone de Midge, qui n’appelle jamais au bureau. Elle va alors paniquer quand Betty va arriver au bureau, car elle croit que Don est avec une femme. Elle va demander conseil à Joan, et lui révéler ce qu’elle sait. Pour finalement, rien. Peggy n’est donc décidément pas une lumière. Joan maitrise bien mieux les enjeux de sa profession, et Peggy découvre les dessous, qu’elle n’apprécie pas particulièrement. On ne sait si Peggy est alors trop naïve, ou trop moralisatrice. On peut comprendre certaines de ses positions, mais il faut bien admettre qu’elle pousse un peu ses idéaux à l’extrême, surtout pour une femme qui a couché après son premier jour de travail avec Pete Campbell, en sachant qu’il allait se marier.

Peter, justement, à quelques problèmes d’ego. Et il les doit à Ken. Ce dernier réussit à se faire publier. Ken, jusque là, en fond de l’écran, prend un peu le dessus, pour se révéler tout aussi prétentieux que ses collègues. Son style est différent, mais son ambition n’en est pas moins présente. Si aucun ne semble avoir le talent d’un Don Draper, ils veulent tous percer. Et Ken réussit à se faire publier, sans en avoir avant parlé à qui que ce soit. Il en profite par la suite, pour devenir un peu le centre de l’attention. Il n’y a pas que Pete qui le prend mal, mais aussi Paul. Tous ces hommes font donc semblant d’être amis, et semble prêt à écraser leur concurrent.
Pourtant, on ne peut pas dire que l’on soit convaincu par le fait que Paul ou Ken soit prêt au sacrifice. Peter, par contre, c’est une autre affaire. Sachant que sa femme Trudy a un très proche ami – son premier amant – bien placé dans l’édition, il lui demande d’user de ses charmes pour y arriver. La limite de la moralité, Trudy se la fixe toute seule, et ne veut pas aller plus loin avec son ami éditeur. Seulement, le résultat – soit une publication dans un petit magazine – ne sera pas suffisant pour Pete, qui aurait aimé que sa femme aille plus loin pour obtenir plus. L’attachement que Pete a pour sa femme est évidemment moins important que son ambition, et sa bataille pour avoir une position, et se faire apprécier de son père se révèle assurément bourré de déceptions.

Le développement continuel des personnages nous permet de mieux cerner ceux à qui nous avons affaire, et jusque là, c’est assez bien amené. Ce n’est pas toujours très subtil, surtout dans les scènes avec Ken ou Paul, mais en ce qui concerne Don et Pete, les deux hommes gagnent à être approfondis, et chaque élément nous facilite l’immersion dans le milieu. Mad Men ne nous dépeint pas véritablement le milieu de la publicité de l’époque, nous assistons plus à une peinture sociale, qui se complexifie.

avatarUn article de .
CaroleC
0 commentaire