Mad Men – Guy Walks Into an Advertising Agency (3.06)

Lane annonce que des représentants de l’entreprise arrivent de Londres pour une visite d’inspection. Entre inquiétude et espoir, les employés de Sterling Cooper se préparent. Chez les Draper, Sally se montre distante de son nouveau frère.

L’univers de Sterling Cooper est au bord d’un séisme totalement imprévisible quand débute l’épisode. Une fois arrivé au bout, et bien, laissons Lane Pryce le dire lui-même – en référence à Tom Sawyer:

Lane : I feel like I just went to my own funeral, and I didn’t like the eulogy.

Tout commence par l’annonce-surprise d’une visite des pontes britanniques, Harold Ford, Saint-John Powell et le jeune Guy MacKendrick. De quoi inquiéter après toute la réorganisation qu’il y a eu, mais Cooper voit ça autrement – persuadé que c’est l’heure de gloire pour Don. Étrangement, cela ne sonnait pas très juste. Certainement trop beau pour être vrai. Et puis, il n’est pas venu énormément de bonnes choses du vieux continent depuis le rachat.

Bref, désormais que l’on a bien établi que l’avenir de Sterling Cooper était devenu l’un des moteurs de la saison, on ne peut que ressentir un peu d’appréhension à chaque fois qu’un changement se prépare et c’est là-dessus que le suspens de l’épisode va se fonder. Une bonne chose, car de cette manière, la majorité des personnages se retrouve simultanément au cœur de la tempête.

Bien entendu, une fois que les cartes sont dévoilées, tout le monde en prend pour son matricule, en particulier Don et Roger – ce dernier ayant même été oublié par accident dans la nouvelle organisation. Bref, c’est la crise, mais, alors que l’on croit que c’est terminé, tout se voit de nouveau chamboulé. On perd nos repères. Qui va faire quoi, quand et où ? Il va peut-être être nécessaire de remettre à plat tout ça rapidement. Quoi qu’il en soit, plus que les personnages, nous sommes ballottés dans tous les sens, totalement impuissants, même si on ne peut que ressentir la maitrise scénaristique derrière tout cela.

Si une fois de plus au cours de cette saison, les ressorts dramatiques reposent avant tout sur ce qui est le plus tangible, il reste encore en arrière plan des non-dits qui vont alourdir l’atmosphère. Il n’est plus question des secrets de Don, mais de la vie en déconstruction de Joan. Elle qui allait avoir tout ce qu’elle voulait – lui rappelle douloureusement Peggy –, elle se retrouve à perdre ce qu’elle aimait pour se diriger vers un avenir incertain. Son mari n’est pas près de lui donner ce qu’il était censé apporter dans leur mariage. Pire, il pourrait bien l’arracher de New York. Étrangement, alors que Peggy avoue qu’elle ne pourra jamais devenir Joan, cette dernière pourrait bien devenir ce que Peggy fuyait. Après 10 ans chez Sterling Cooper, elle s’en va le cœur lourd.

Au milieu de tout ce chaos, Don garde la tête haute et un évènement inattendu supplémentaire survient pour, peut-être, changer l’avenir du publiciste, ou simplement, de l’agence. C’est Connie qui appelle (cf. la country club party de Roger et Jane). Il se trouve que son nom est Conrad Hilton et qu’il a un conseil à demander à Don.

La journée finie donc plutôt bien, même si pour Don le retour à la maison sera agité. Sally est toujours en crise et c’est cette fois à cause du bébé. Tout ceci semble anodin, mais nous offrira une image de fin assez significative de ce qui a vraiment changé dans la série : Don.

Guy Walks Into an Advertising Agency s’est montré plutôt éprouvant pour un épisode de Mad Men. Une ambiance électrique qui s’associe à de multiples rebondissements efficaces. Le tout mélangé avec des intrigues un peu plus denses qui ne trouvent pas beaucoup de place pour se développer, mais qui parviennent à être soigneusement utilisées. Le résultat est assez enthousiasmant et ouvre des perspectives intrigantes pour la seconde moitié de la saison.