Mad Men – Love Among the Ruins (3.02)

Le projet de construction du Madison Square Garden rencontre une certaine opposition qui pousse ses responsables à se tourner vers Sterling Cooper. Le père de Betty est malade. Elle l’invite donc, avec son frère, à venir chez elle. Ensemble il cherche une solution qui n’impliquerait pas une maison de retraite.

L’épisode s’ouvre en musique avec la célèbre suédoise, Ann-Margret qui chante le thème de Bye Bye Birdie. De quoi ravir les hommes de chez Sterling Cooper, surtout dans le cadre d’une campagne publicitaire, ce qui marie tout ce qu’ils aiment. Mais pour Peggy, leur réaction va à l’encontre de l’idée même du produit à vendre et du public à qui il est destiné. Patio Cola, du Diet Pepsi pour les femmes. Voilà de quoi pousser une nouvelle fois Peggy à se questionner sur sa féminité, en quelque sorte. C’est une espèce de route initiatique qu’elle suit depuis la première saison. Devoir s’imposer dans un monde d’homme sans en devenir un, et donc, en s’affirmant en tant que femme. Le problème, c’est qu’elle ignore toujours la meilleure manière de s’y prendre, probablement à cause d’un léger manque de confiance en elle qui l’encourage à s’affirmer de façon maladroite et pas totalement réfléchie. Cette fois, cela se terminera en une affaire d’une nuit avec un étudiant. Certes, elle en sort forte et dominante, et peut-être même qu’elle a saisi ce que Don essayait de lui expliquer sur son rôle dans la campagne, mais on peut douter de la pertinence de cette approche pour elle, car cela ne semble pas s’accorder avec sa personnalité.

Mais elle n’est pas la seule à se poser des questions à l’agence, car Don ne comprend pas vraiment pourquoi les anglais les ont achetés. Le pire étant que Lane Pryce est dans la même position – ce qui ne doit rien arranger avec sa femme en mal du pays. Cette nouvelle conjoncture à l’agence est source de problèmes et Don va devoir les réparer, pour mieux tout abandonner. De quoi le rendre perplexe, mais surtout de quoi rendre l’avenir de l’agence encore plus flou. Sterling Cooper va-t-elle disparaitre sous sa gouvernance britannique, ou va-t-elle reprendre son indépendance et son identité. Sterling et Cooper, eux, ne semblent pas vraiment concernés, en particulier le premier qui voit arriver le mariage de sa fille avec appréhension, mais, principalement, dans le conflit. C’est la guerre chez les Sterling et Roger compte en sortir vainqueur, mais craint de perdre sa fille dans la bataille. Il se révèle plutôt perturbé quand il le réalise et il est probable que s’il tente d’éviter le pire, sa vie s’en retrouve bouleversée.

Chez les Draper, la tension n’est pas aussi importante, mais on ne peut pas dire que la situation ne soit pas délicate. Le père de Betty est malade et l’horrible Gloria l’a quitté. Gene est donc invité à la maison, avec William et toute sa famille. La conjoncture est inconfortable, en particulier quand le sujet de la maison de repos est abordé. Betty est perturbée. William a l’air de vouloir récupérer la maison de son père. Don n’apprécie pas ce qui se passe, surtout quand on connait ses sentiments pour son beau-père. Du coup, quand il prend les choses en main, il se montre plutôt surprenant. Non pas dans sa manière de gérer, très Alpha Male, mais dans son choix. Certes, il fait ça pour Betty, même s’il semble que sa solution soit la meilleure pour qu’il puisse retrouver un semblant de calme chez lui. Les problèmes avec Gene ne font que commencer et il faut espérer que ça ne stressera pas trop sa fille dont l’accouchement est de plus en plus proche. Le stress n’est pas vraiment bon pour elle, tout comme fumer autant qu’elle le fait n’est pas non plus une chose très saine, mais ça, à l’époque, ils l’ignoraient. La famille s’agrandit, comme l’illustre bien la fin de l’épisode.

La saison continue doucement à poser ses bases. Le petit saut temporel laisse des zones d’ombres, bien que celles-ci diminuent assez rapidement. Il faut dire qu’il ne s’est pas vraiment passé beaucoup de temps et que, dans le fond, c’est surtout la transition chez Sterling Cooper qui en a profité. D’ailleurs, l’agence est, étonnement, beaucoup plus présente actuellement qu’elle n’a pu l’être jusqu’ici. Certes, elle servait de décors, mais jusqu’à ce que Duck ne la fasse racheter, elle n’avait pas autant de présence et d’influence sur les histoires. C’est un élément qui se ressent bien ici, mais cela n’empêche pas les personnages de rester au cœur de l’intrigue.