Mad Men – Out of Town (3.01)

Don et Salvatore se rendent à Baltimore pour rassurer un client. Pete et Ken apprennent qu’ils obtiennent la même promotion.

Nous avions laissé Sterling Cooper au moment où des changements majeurs étaient sur le point de s’opérer. L’agence se fait racheter par les anglais, via l’introduction de Duck. Quand on reprend, plusieurs mois plus tard, Duck, justement, n’est plus là, mais Don, lui, oui.

Le plus déconcertant à ce niveau est que seule l’avancée de la grossesse de Betty nous permet d’évaluer le temps passé. Petit à petit, on va donc assembler les morceaux et découvrir ce qui se passe réellement à l’agence.

L’accent est mis sur une chose en particulier : les différences culturelles entre les américains et les anglais. Que ce soit sur l’approche clientèle ou sur la gestion du personnel. Pour représenter l’antagonisme, deux nouveaux visages s’inscrivent rapidement dans le paysage, Lane Pryce – joué par Jared Harris – et son « bras droit », John Hooker (Ryan Cartwright).

Si Hooker cache difficilement son mépris des américains, surtout en compagnie de Joan, Pryce se montre plus accommodant en apparence, trouvant une place légitime aux côtés de Cooper. Cela ne veut pas dire qu’il ne partage pas l’opinion de son secrétaire misogyne.  En fait, il est certainement plus vicieux, imposant discrètement ses méthodes, et provoquant des situations de conflits. L’apogée étant atteint avec Ken et Pete. Tous deux apprennent séparément qu’ils obtiennent une promotion, la même, avant de découvrir qu’ils vont devoir se partager la tâche. Que le meilleur gagne. Ken qui ne s’est jamais vraiment battu pour le poste voit cela avec une certaine candeur, tandis que Pete, une fois de plus, doit vivre la frustration de voir la réalisation de ses ambitions handicapées, alors qu’il ne peut rien y faire. Au moins, la situation semble s’être améliorée avec Trudy – de manière assez radicale d’ailleurs.

Pendant ce temps, Don et Salvatore partent pour Baltimore. Le côté professionnel du voyage est mis de côté pour laisser plus de place à un diner avec hôtesses de l’air. Don va être chanceux avec Shelly, si on peut dire les choses ainsi. Il ne change donc pas, et l’ostensible ressemblance de la demoiselle avec Betty – alors que celle-ci s’approche de l’accouchement et reste au lit à la maison – n’est certainement pas innocente. Quoi qu’il en soit, Sal va lui aussi trouver quelqu’un pour l’accompagner, mais plus de son type. Tous seront interrompus par un début d’incendie dans l’hôtel, laissant une impression de parenthèse vite fermée à cette escapade. Mais ce qui se passe à Baltimore reste à Baltimore. Pour le moment.

Voilà, en tout cas, un anniversaire mouvementé pour Dick, enfin, Don. L’introduction de l’épisode nous a fait découvrir d’une manière assez étrange – surtout pour cette série – la conception et la naissance de Don. Le plus déroutant étant que lui-même ne peut pas se souvenir de ça, forcément, et on peut alors se demander d’où cela sort. En tout cas, conjugué à la grossesse de sa femme et à l’évocation du jour de la venue au monde de son ainée, le publicitaire semble replonger à la source de ses problèmes familiaux, loin dans ses secrets.

Cette reprise, comme celle de la saison précédente, utilise le saut temporel (plus court) pour installer une nouvelle conjoncture qui parait être en position de nous réserver encore quelques bonnes surprises. Le procédé permet également de jouer sur ce qui n’a pas été dit en nous laissant rassembler les pièces du puzzle. Cela donne de quoi réfléchir et l’on peut se préparer à une saison probablement riche en rebondissements à Sterling Cooper. La partie familiale a retrouvé son statu quo, Betty étant ici peu mise en avant, grossesse oblige. Don, lui, n’a pas changé, et on peut s’attendre à ce que l’après naissance ne soit pas facile pour le couple. C’est un peu la même chose au bureau. On espère juste pour Betty que pour elle, l’accouchement sera moins douloureux.