Le temps a passé, Don Draper vit une vie de famille tranquille, les affaires à Sterling/Cooper roulent, mais entre conflits intérieurs et extérieurs, la tromperie, le mensonge et la pression d’une société en pleine mutation, la vie à Manhattan n’est pas aussi propre et facile qu’elle n’y parait.

Après le succès critique de la première saison, Mad Men se devait de ne pas décevoir. Quand on reprend la série, quelques temps ont passé, on prend note de la nouvelle conjoncture, on apprécie les évolutions, on décrypte les sous-entendus et on admire la précision.

Bien entendu, une fois que l’on a replongé, on retrouve rapidement les petits défauts qui avaient quelques peu entachés la première saison. Cette manière que la série a de sectoriser ses personnages, de frapper chirurgicalement pour se retirer aussi vite vers d’autres sujets. Bien entendu, indépendamment, les épisodes ne laissent pas transparaitre cela, il en faut quelques uns pour se rendre compte que les fondations de la saison sont affaiblies par trop de dispersions. Certes, cela a servit à démontrer, à illustrer, et même – voire surtout – à développer des personnages secondaires, mais la frustration de ne pas avoir de suite immédiate grandit, surtout quand on finit par croire que les dernières péripéties de Paul, Ken et compagnie n’auront pas d’impacts pour la suite.

Heureusement, ce n’était que le début. Rapidement vont émerger des storylines biens consistantes qui vont devenir le moteur principal de cette saison.

D’abord, Don et Betty. Don va une nouvelle fois accueillir ses démons que sont l’adultère, l’abus d’alcool, mais surtout, son incapacité à s’ouvrir à sa femme. Betty, elle, va prendre une autre direction : l’indépendance. Elle qui, au début de la série, était le prototype même de la Stepford Wife, avec un gros problème d’immaturité en plus, va apprendre à décider pour elle-même, à manipuler son monde. Elle va questionner ses idéaux en réalisant qu’elle peut elle aussi contrôler les choses. Le clash inévitable arriva donc avec la découverte de la tromperie de Don. Ce dernier est allé avec une autre femme, et cela, Betty ne peut le digérer. Alors que tout le monde le prend pour le mari parfait, il va devoir refaire surface quand il perdra ce à quoi il tenait finalement le plus : sa famille. Une longue quête pour les Draper qui nous emmènera vers de nouvelles révélations sur le passé de Don, tandis que Betty se perd, aveuglée par la tentation d’une nouvelle jeunesse et confuse par sa perte de repères.

Ensuite, nous avons Peggy. Cette seconde saison sera, pour elle, celle de la maturité. Nous allons la suivre se faisant une place dans un monde d’hommes, cherchant à se faire accepter et respecter. Sa réussite professionnelle n’est pas dénuée de difficultés, mais elle trouvera souvent aide et conseils là où elle en attendait le moins. Nous assistons donc à la métamorphose de la petite campagnarde qui devient une femme forte et déterminée, qui choisit d’arrêter de subir, et qui prend ce qui lui revient de droit.

Avec tout ça, il reste un peu de place pour Pete qui apprit la patience et qui a redéfinit sa vision de la famille. Pour Roger qui continue à vivre ses vices se cherchant une nouvelle jeunesse. Pour Joan qui paie le prix de sa vision traditionnelle de la place de la femme dans laquelle elle se force à entrer, alors qu’elle commence à rêver à mieux. Et enfin, pour Duck qui voit sa vie se décomposer sous ses yeux, mais qui est impuissant face à cela.

Pour en savoir plus sur la série, vous pouvez lire tous nos billets et articles sur Mad Men.