Bienvenue à Sterling, Cooper, Draper, Pryce, agence publicitaire où l’artistique se bat avec les finances. Prêt à vous fournir la meilleure publicité possible, le personnel est au service du client, menant de front les difficultés professionnelles et privées, avec pour certains, beaucoup d’alcool.

Le temps du changement à sonner dans Mad Men, reflet de l’évolution de la société de son époque et nécessité vitale d’adaptation pour survivre. Entre le poids des ans et l’intégration de nouveaux codes de conduites et de valeurs, la nouvelle agence publicitaire Sterling Cooper Draper Pryce reste le microcosme de vie parfait pour scruter et décortiquer les comportements humains au cœur d’un monde en mutation.

Un phénomène qui s’applique à l’ensemble ou presque de l’existence de Don Draper, devant affronter divorce et nouveau lieu de travail, alors que le temps semble passer à son insu, prêt à faire de lui un homme dépassé. Le créatif de génie se perd donc dans la bouteille face à l’échec de son existence, aujourd’hui partie en lambeaux, et qu’il va devoir reconstruire. Pour y parvenir, il faut faire table rase du passé, ou plus précisément l’accepter et l’intégrer pour mieux l’exploiter et ne faire qu’un avec. Divisé entre l’image publicitaire qu’il a lui-même bâtie, la personne qu’il a été, et la personne qu’il est aujourd’hui, Don se perd dans une quête identitaire achevée par la perte d’un être cher, le poussant jusqu’au bout. L’effondrement total pour pouvoir mieux se relever.

Il y a donc une recherche constante de place dans un environnement ballotté entre les idéaux de vie et leurs évolutions. En perpétuelle lutte d’insertion, la femme, symbole des mouvances d’un autre temps. Betty, modèle de l’épouse parfaite, écho d’une autre époque et représentation en décomposition d’un système qui ne peut survivre. Joan, Peggy ou Faye marquent alors la relève, devant trouver le juste équilibre pour s’affirmer et s’imposer dans un univers gouverné par des hommes qui progressent moins vite qu’elles, s’attachant à des codes de conduites qui vont à l’encontre de leur propre épanouissement.

Les temps changent. Mais le passé est toujours là. Entre grossesse et naissance, anciens et nouveaux amis, montée et descente, la nouvelle agence symbolise ce tumulte, construite par des anciens, mais incarnant la nouveauté. Sa survie ne dépend alors que de sa capacité à parvenir à accorder ces deux opposés, devant alors tout simplement s’adapter à la société dans laquelle elle a vu le jour : les mutations ont lieu plus vite que l’homme lui-même ne s’en rend compte. Alors qu’il prend de l’âge, le train file sans lui. Les plus jeunes et les battants sont le futur, mais le prix de la réussite a lui aussi été modifié.

Dans une recherche continuelle d’épanouissement personnel et/ou professionnel, le monde de Mad Men a donc mené sa reconstruction au sein d’un environnement marqué par les évolutions. L’heure de l’adaptation a donc sonné pour être déchirante, éprouvante, exaltante et assurément loin d’être de tout repos pour le protagoniste ou pour le spectateur. A l’image de l’époque dans laquelle elle se déroule, la série a donc pris son virage pour embrasser cet état de fait et se réinventer elle-même. Une magnifique réussite.