Mad Men - Shut the Door. Have a Seat (3.13 - fin de saison)

Connie révèle à Don que Sterling Cooper et sa maison mère vont être vendues d’ici peu. Peu motivé à l’idée de changer de propriétaire, il va alors convaincre Cooper et Roger de se lancer dans une nouvelle aventure. Chez lui, Betty lui apprend qu’elle veut divorcer.

C’est la révolution dans Mad Men. Certes, on l’avait vue venir, mais on pouvait toujours s’attendre à ce que quelque chose se produise et que tout retombe à plat. Mais non.

Donc, aussi bien du point de vue professionnel que privé, Don va devoir se battre, mais il ne va pas obtenir de victoire sur tous les flancs.

À Sterling Cooper, au début, c’est la réticence. Cooper et Sterling ne sont pas faciles à convaincre, on les comprend, ils n’ont plus leur jeunesse, mais Don n’est pas le meilleur dans ce qu’il fait pour rien, au contraire. On va donc assister à la chasse aux talents, car il faut recruter du monde pour se joindre à la nouvelle agence. Pete et Peggy en profitent ainsi pour régler leurs comptes, en particulier avec Don qui voit ici ses capacités humaines remises en cause par tout le monde. Mais tout ceci est quand même très abstrait jusqu’au moment où l’équipe commence à se retrouver le Week-end et à vider les tiroirs. Ce sens du complot et l’appréhension d’un avenir à haut risque fonctionnent vraiment et permettent d’offrir à ce déménagement une aura bien fraiche qui nous promet un futur plein de surprises. L’occasion va en plus fournir les prétextes nécessaires pour assurer que Lane reste, mais surtout, que Joan revienne. Matthew Weiner se permet donc de ne sacrifier aucun de ses meilleurs personnages, même si j’avoue que voir Peggy partir ne m’aurait pas dérangé, bien que sa place dans la série est presque immuable à ce niveau.

Comme d’habitude, il va se passer un peu de temps entre cette fin de saison et le retour l’année prochaine, la surprise sera de découvrir où cette nouvelle agence, Sterling Cooper Draper Pryce, en sera.

À côté de ça, Betty demande le divorce. C’est une grosse claque pour Don, mais pas aussi importante que celle qu’il va prendre quand Roger va lui parler d’un certain Henry Francis. Les Draper ne vont pas pour autant se la jouer Guerre des Rose, mais il faut digérer tout ça, et au pire moment qui soit en plus.

Dans ce tableau, Betty n’a clairement pas le beau rôle, même si Don est loin d’être innocent. C’est assez typique de la façon dont il semble réussir à ne jamais réellement payer pour ses infidélités. D’un autre côté, sa femme ne l’a pas très bien joué et souffre de son égocentrisme accentué par son immaturité qui la caractérise depuis le début de la série. En gros, son attitude d’enfant gâté qui a tout, mais veut toujours plus, la place en fautive, surtout quand ses enfants comprennent ce qui se passe. Enfin, comprendre est un peu fort, car si Sally saisit que sa mère met son père une fois de plus à la porte, la rareté des divorces à l’époque ne permet pas de croire qu’elle comprend réellement l’ampleur de ce qui se produit. Pour son frère, on n’en parle même pas.

Ainsi, la saison se termine en pleine crise. D’un côté, à l’agence, cela s’annonce dur, mais l’espoir est là. De l’autre, à la maison, plus rien ne semble permettre de sauver les meubles. On peut donc attendre impatiemment de voir où en sera la vie de Don d’ici quelques mois, mais également où Betty se trouvera et comment la nouvelle agence se portera. On reste donc dans l’expectative.