Mad Men – Signal 30 (5.05)

19 Avr 2012 à 8:38

Lane apporte à l’agence un gros client, le groupe Jaguar qui veut s’implanter aux États-Unis. Pete et Trudy invitent Don à manger chez eux, en banlieue. La carrière d’auteur de SF de Ken se développe, mais pourrait entrer en conflit avec son travail.

Depuis le début, Pete Campbell a toujours quelque peu envié Don ou, du moins, ce qu’il représentait. Dans un sens, il voulait devenir lui, car il avait le respect que l’on ne lui accordait pas. Aujourd’hui, sa carrière est au plus haut, mais il n’est que le Don Draper du pauvre. Enfin, disons plutôt qu’il n’a jamais vraiment compris le misérabilisme qui définissait la vie de Don à un certain point et, maintenant qu’il a tout ce qu’il pensait avoir besoin, il se rend compte qu’il est malheureux. À ce niveau, il a rejoint Don. Il ne lui reste donc plus qu’à trouver ce qu’il lui faut pour remonter la pente.

Il a souvent été question avec la série de ce qui était attendu des femmes par la société à cette époque, mais il était probablement temps d’aborder de front le problème dans le sens masculin. Pete nous montre qu’il a à son tour réussi à obtenir la vie parfaite, sur papier glacé, se tenant à sa place pour entretenir les standards qu’on exige qu’il remplisse à cause de ses ambitions professionnelles. Maintenant, il est coincé dans un rôle dont la perfection n’est qu’extérieure – et on le déteste pour ça. Il n’est pas le seul, puisque l’on attend de Ken ne sorte pas des limites de son job dans l’entreprise. Il n’a pas un travail de créatif, il n’a donc pas à être créatif à l’extérieur de son travail. Seulement, écrire des histoires de science-fiction est ce qui le rend heureux et il est obligé de le faire en cachette pour entretenir à son tour l’illusion qu’il se tient à sa place, même s’il rencontre le succès dans ce domaine.

Dans tout ça, Don se présente étrangement comme étant le vieux sage. Il garde son calme et tente de faire comprendre qu’il a maintenant vraiment trouvé le bonheur qu’il cherchait et qu’il n’allait pas risquer de le perdre parce qu’on attend de lui qu’il se conduise comme il le faisait autrefois.

Comme quoi, ils subissent tous des pressions, et s’en imposent beaucoup eux-mêmes. Il y a de quoi justifier la consommation d’alcool à un certain point, étant donné que l’alternative est d’accepter une réalité qui n’est pas forcément facile à avaler. Pete a d’ailleurs l’occasion de se la voir asséner violemment, littéralement à coups de poing, ce qui est certainement un signe qu’il ne devrait pas ignorer, puisqu’il ne pourra pas vraiment tomber plus bas que ça à ce stade.

Dans ce sens, cet épisode est là pour lui offrir une vraie leçon de vie, autant que pour nous montrer où il en est à présent. C’est nécessaire, car il n’a jamais réellement obtenu toute l’attention qu’il méritait, ce qui a rendu certaines périodes de la série plus difficiles à appréhender à son égard. Maintenant, on sait vraiment où il en est et il serait pertinent de ne pas attendre une saison de plus pour reconnecter à ce point avec lui.

Idem pour Lane. Certes, ce n’est pas fait ici avec autant de développements, mais il est indéniable que le personnage gagnerait à être plus amplement étoffé. Déjà, il serait bien que l’on fasse le point sur son mariage, que l’on nous explique comment Rebecca a retrouvé son chemin vers New York. On nous suggère ici que c’est parce que Londres a bien changé et que la grosse pomme se présente désormais comme étant plus proche de ses standards, mais ça ne justifie pas tout. De plus, il est clair que pour Lane, la tentation d’aller courtiser d’autres femmes n’a jamais disparu, ce qui sous-entend qu’il y a vraiment quelque chose à développer au cœur de sa vie personnelle. Cela dit, ici, c’est sa place professionnelle qui est légèrement remise en cause. Lane s’aventure dans une partie du travail qui lui est étrangère, mais une opportunité se présentant, il ne pouvait pas passer à côté. Son problème, au départ, est le même que celui de Joan. Ils sont dans l’ombre, mais sans eux la machine ne fonctionnerait pas. Au milieu du combat d’égo, ils ne peuvent pas gagner, mais méritent certainement plus de reconnaissance qu’on daigne leur accorder – ce qui est ici un déclencheur. Ajoutons que Lane est britannique et que le clash culturel a créé une sorte de fossé qui est difficile de toujours appréhender avec justesse.

Malgré l’ambiance quelque peu festive entretenue dans ce Signal 30, il est indéniable que cet épisode a surtout pour but de nous montrer ce qui se trame réellement à présent derrière l’alcool et les nuages de fumée. Ce n’est pas forcément glorieux, mais il est appréciable de voir que Don est désormais celui qui garde le sourire.

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