Mad Men - Wee Small Hours (3.09)

Conrad Hilton est de plus en plus intrusif dans la vie de Don. La campagne pour Lucky Strike ne va pas tourner dans le bon sens pour Salvatore. Betty reprend contact avec Henry.

On peut dire que comme Henry, nous sommes un peu baladés dans tous les sens avec cet épisode de Mad Men. Il n’y a pas que Betty qui ne sait pas ce qu’elle veut, on dirait que ce sont tous les personnages qui sont pris d’indécision, de quoi remettre en question beaucoup de choses et donner l’impression que jusque-là, on a essayé de nous noyer dans une pluie de signaux totalement faussés.

Une impression déstabilisante qui est amplifiée par un montage brut et aléatoire qui ne s’accroche qu’à une ligne temporelle guidée par Martin Luther King Jr.. Tout ceci ne peut être que volontaire quand on connait l’obsession de Matthew Weiner pour les détails. Cependant, on ne peut pas dire que cela aide beaucoup certaines intrigues.

À commencer par celle de Sal qui, au milieu de tout ça, apparait presque parachutée afin de fournir au personnage son lot de déceptions pour la saison. Il a eu une promotion, il y a peu, et c’était certainement un cadeau qu’il ne fallait pas trop chérir, mais sa perte est probablement le moindre des maux dans ce qui va lui arriver. On sait que Salvatore est homosexuel et qu’il a décidé de ne pas accepter cette partie de sa vie en allant jusqu’à se marier. Ceci fut bien clair et justifie totalement sa façon de réagir quand il reçoit les avances d’un client. Mais voilà, les conséquences de son rejet ne l’aideront pas à s’en sortir, même auprès de Don qui avait pourtant gardé sous silence ce qu’il savait. Ça ne l’intéressait pas, mais il n’aime pas non plus qu’on se moque de lui. Bref, Sal paie la facture.

Don, de son côté, a vraiment d’autres problèmes, et pas des petits, car l’excentricité d’Hilton n’est pas une blague à prendre à la légère. Résultat : déception également. Le plus triste ici et le plus perturbant pour Don, c’est que Conrad se posait comme une figure paternelle vraiment prononcée et pleine de fierté, ce que ne fut jamais son vrai père. Du coup, le rejet est fort à plusieurs niveaux. Conséquence, comme toujours quand ça va mal, Don est infidèle, c’est assez symptomatique chez lui. Il jette alors son dévolu sur Miss Farrell, celle qu’il n’a pas cessé de rejeter jusque-là alors qu’elle lui faisait des avances toujours plus explicites. Encore un mélange de signaux vraiment forcés et fera que Suzanne – c’est son prénom – émettra quelques doutes avant de se résigner à prendre ce qu’elle a toujours voulu.

Une bien maigre résistance face à ce qu’Henry rencontrera avec Betty. Là encore, difficile à suivre. Un coup elle laisse comprendre qu’elle se résigne avant de changer d’avis et de reprendre le contact via une correspondance plus explicite que jamais. Carla se retrouve alors accidentellement au milieu de tout ça et complique les choses. Henry va devoir la jouer fine et au moment d’obtenir ce qu’il veut, Betty change encore d’avis. Elle, tout comme lui ou nous, est un peu perdue.

Nous avons donc un épisode qui joue avec ce qui fut fortement affirmé précédemment pour mieux tout contredire. Il est clair que les choses allaient trop bien pour tout le monde, c’était un peu prévisible que quelque chose se produise qui vienne chambouler ce qui était établi. On peut juste se demander si Sal devait forcément être victime de tout ça.

Quoi qu’il en soit, on perd nos repères au moment où la saison entre dans sa dernière ligne droite.