Manhattan, Saison 1 : Changer le monde, une bombe à la fois

Manhattan, Saison 1 : Changer le monde, une bombe à la fois

En 1943, derrière les barbelés au milieu du Nouveau-Mexique, les scientifiques travaillant à Los Alamos ont pour mission de changer le cours de la guerre. Frank Winter est persuadé que cela se fera par l’implosion, mais seuls ceux de son équipe croient en lui et ils se retrouvent rapidement isolés alors que la paranoïa se propage à tous les niveaux.

Pour sa seconde série, WGN America mise une fois de plus sur l’historique, mais laisse la fantasy qui caractérisa Salem de côté pour privilégier une approche plus rationnelle afin de nous parler de la conception de la première bombe atomique américaine.

Créée par Sam Shaw, Manhattan s’intéresse surtout aux scientifiques du fameux projet Manhattan. On les suit alors qu’ils vivent dans ce petit coin de désert où se trouve Los Alamos. Encadrée par l’armée et surveillée par d’obscurs agents du contre-espionnage, l’équipe de Frank Winter cherche à prouver que l’implosion est une réalité, et ils sont les seuls à y croire.

Malgré ce sujet, cette première saison établie rapidement qu’elle veut être un drame humain autant qu’une étude sur ce qui anime la destruction au nom de la paix. Los Alamos est ainsi un véritable microcosme dans lequel germe aussi bien la paranoïa que la folie des grandeurs, ce qui donne naissance à un environnement unique où tout peut si facilement être passé au microscope.

Entre les scientifiques aux égos surdimensionnés, le compte sans cesse grandissant des morts en Europe et le poids incommensurable des secrets, Manhattan prend corps dans une conjoncture relativement particulière, mais trouve le moyen de développer des thèmes non seulement universels, mais également étonnamment modernes. C’est en particulier le cas des observations sur la course à l’armement et sur l’idée de conquête de la paix par la guerre. Il en ressort rapidement diverses idées qui semblent être absurdes, mais qui s’inscrivent surtout dans une logique biaisée qui aveugle ceux qui la suivent.

Parmi eux se trouve donc Frank Winter. Physicien de génie qui, comme on le découvrira assez tôt dans la saison, a connu les horreurs de la Première Guerre mondiale et est obsédé par mettre un terme à la seconde le plus vite possible. Il apparait d’ailleurs croire que tout est bon pour y arriver et sa solution est de donner jour à l’arme absolue qui effrayera tellement les ennemis des États-Unis qu’une paix éternelle s’installera sur Terre. Nous savons bien comment cela va tourner, mais Frank se raconte ce qu’il peut pour justifier ce qu’il doit créer.

C’est en suivant cette façon de voir les choses, entre illusions et terribles nécessités, que Manhattan nous montrera qu’il y a bien des manières de faire des sacrifices pour son pays. Les habitants de Los Alamos découvrent alors chaque jour ce que c’est que vivre avec un secret – tout étant compartimenté, rien ne peut être partagé. Dès lors, plus les épisodes passent et plus cette première saison se transforme en une véritable étude sociologique sur ce qui fait véritablement tenir la cellule familiale, les amitiés professionnelles et personnels. Obligés de tout garder sous silence, les différents protagonistes sont impuissants face aux dégâts provoqués par un tel environnement. Ils sont tous forcés à un moment ou un autre d’assister à l’anéantissement d’une relation qui leur est chère, quand les conséquences ne sont pas encore plus graves.

Sam Shaw et son équipe de scénaristes parviennent ainsi à maintenir l’intérêt de leur histoire en s’appuyant avant tout sur ceux qui la font vivre, n’utilisant les grands enjeux de la guerre que pour faire entretenir l’ambiance parfois surréaliste de leur show. Manhattan captive alors grâce à ses multiples storylines qui tirent un réel bénéfice des particularités de la conjoncture de la série afin d’éviter de tomber dans la facilité et de se perdre dans des banalités. Rien n’était facile ou conventionnel à Los Alamos et cela se retrouve au cœur de chaque intrigue, même la plus insignifiante ou bénigne.

Plus que l’histoire de la création de la première bombe atomique américaine, cette saison 1 de Manhattan avait donc beaucoup de choses à raconter pour nous parler de paix, de guerre, de passion et de sacrifices. Avec son casting aussi homogène qu’investi, la série nous sert un drama de qualité dont l’intelligence du propos n’entame en rien l’efficacité du divertissement.

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