Dans un futur proche, le journaliste Edison Carter découvre que le nouveau système de diffusion de publicité employé par sa chaine est responsable de la mort d’un des téléspectateurs. Alors qu’il recherche des preuves, il se retrouve traqué par son employeur et une copie digitale de sa personne apparait alors sur les écrans.

20 minutes dans le futur.

Max Headroom est une série de science-fiction de la fin des années 80 qui fut diffusée sur ABC. Son histoire trouve son origine en Angleterre, sur Channel 4 qui avait produit un téléfilm pilote intitulé Max Headroom: 20 Minutes into the Future. Peu après, une émission musicale avait été faite, utilisant le personnage de Max Headroom en  le faisant intervenir entre les clips. À la suite de ça, ABC a été intéressée et 2 courtes saisons furent produites pour un total de 14 épisodes.

Ici, on va donc parler du pilote de la version américaine qui reprend une partie de l’originale.

Tout ceci est un peu compliqué, surtout pour une série aussi courte, mais étant donné qu’elle était plutôt innovante pour son époque, elle a su marquer les esprits au point de mériter qu’on en discute encore aujourd’hui.

Nous avons donc une histoire de genre anticipation qui nous entraine dans un monde où la télévision est simplement partout et où l’audience fait la loi. Dans cet univers futuriste dangereux, le journaliste Edison Carter (Matt Frewer) chasse le scoop sa caméra à l’épaule. Il tombe sur une affaire étrange qui va le mener à enquêter à l’intérieur même de sa chaine, Network 23. Il y découvre le travail de Bryce Lynch (Chris Young), un adolescent de génie qui a mis au point les blipverts, des publicités tellement accrocheuses que les spectateurs ne changent pas de chaine. Malheureusement pour Carter, poursuivi, il a un accident et, afin de savoir ce qu’il sait, Bryce crée une copie numérique du reporter qui va dès lors devenir autonome sous le nom Max Headroom.

Voici globalement le point de départ qui nous mène à la création Max, un alter ego virtuel à l’humour bien particulier. Il ne faut pas oublier que nous sommes alors dans la seconde moitié des années 80, la télévision et l’informatique étaient très loin d’être ce qu’ils sont aujourd’hui. Cela dit, la série parle de sujets qui sont encore d’actualité comme le pouvoir des médias et les travers de la société de (sur)consommation.

Et si le propos est toujours fortement efficace et pertinent, la forme, plus de deux décennies plus tard, encaisse les années avec un certain talent. Certes, il faut probablement avoir vécu à l’époque pour ne pas être trop choqué, mais si certains effets spéciaux sont quelque peu périmés, Max, lui, est encore assez réussi.

Il faut dire que la réalisation ainsi que le visuel et le son, sont véritablement ancrés dans leur temps, ce qui donne l’impression de faire un véritable retour dans le passé. Les années 80 sont désormais figées grâce à des codes culturels qui sont réellement éloignés de ceux d’aujourd’hui.

Malgré ça, comme je le disais plus tôt, le message est intact. Certes, il n’est pas forcément délivré avec finesse dans ce premier épisode, mais il a le mérite d’être clair. D’ailleurs, ce qui fonctionne le mieux dans ce pilote, c’est la motivation d’Edison Carter et le personnage de Bryce Lynch. J’ai toujours beaucoup aimé ce dernier, mais c’est probablement parce que lors de ma première découverte de la série j’étais un jeune geek à lunette qui passait beaucoup de temps dans les ordinateurs, l’identification était inévitable à un certain niveau.

Quoi qu’il en soit, il est difficile de (re)voir ce premier épisode aujourd’hui sans être pris par une certaine nostalgie. Un effet nécessaire, de toute façon, pour pouvoir réellement apprécier le visionnage. D’ailleurs, si vous êtes tenté, les DVDs sont disponibles en zone 1 depuis aout 2010.