Petit Flashback..

Dans les années 80 débarque sur les écrans de télé français, une série made in America qui va révolutionner l’Univers des séries: Miami Vice.
Générique nerveux, photographie travaillée, scénarios assez sombres, Miami Vice est la série qui représente au mieux les années 80. Le délire et le côté kitch, ainsi qu’un libertinage prononcé sont ici parfaitement retranscrits. Miami devenant une sorte de Babylon moderne où la luxure et la corruption sont rois. Ajoutons à cela un duo d’acteurs qui restera dans les mémoires, des intrigues carrés et aucune concession quand à une pseudo morale éventuelle à la fin des épisodes, et on obtient un monument de la télévision.

20 ans plus tard, Michael Mann a donc le culot de renouer avec l’un de ses premiers succès. Alors a-t-il réussi son pari?

On attaque le film direct, dans une boite de nuit où notre copain Mann donne une petite leçon de « maîtrise de caméra » à bien des réalisateurs. De plus, il nous épargne le sacro saint générique narcissique qui nous rappelle que tels ou tels acteurs jouent bien dans le film (comme si on était assez idiot pour se planter de salle ou de dvd). On retrouve donc nos deux héros et leur équipe dans un nightclub surpeuplé, en plein travail. Le pourquoi du comment de leur présence ici est quasi occulté (une affaire de prostitution sans doute). Mann s’en contrefiche et c’est bien vu, car il a réussi à nous mener en 5 minutes là où il le souhaitait, c’est a dire dans l’ambiance qu’il va imposer pendant les 2 heures du film…
L’histoire n’est pas si importante que cela. L’action n’y est pas omniprésente, les scènes de sexe n’en sont finalement pas, la relation entre les personnages est survolée, tout comme leur personnalité. Mann nous refait le coup des années 80 en nous proposant un film à la photographie MAGNIFIQUE tout en distillant une sorte d’érotisme dans chaque plan du film. L’atmosphère est lourde, et contraste avec la légèreté des offshores survolant la mer, car, et c’est là que repose le tour de force de Michael Mann, c’est qu’il a créé un Miami Vice post 11 septembre, un peu comme s’il avait écrit le concept juste après cette tragédie. Loin de l’Amérique flamboyante et désinvolte des années 80, dont Miami était la digne représentante, il nous plonge avec encore plus de réalisme dans un monde fait de gris, où le bien et le mal après avoir flirté de longues années ensemble, ont fusionné depuis presque 7 ans.
Le jeu des acteurs y est pour beaucoup, Colin Farell en tête qui a parfaitement retrouvé le côté un peu chien fou et désenchanté du Sonny Crockett campé par Don Johnson. Jaimie Fox est toujours aussi sobre dans son jeu, et que dire de Gong li qui érotise chaque image où elle apparaît.

Miami Vice Le Film est donc, non pas un chef-d’oeuvre, mais une renaissance. La renaissance d’un mythe, qui ne s’embarrasse pas avec un début et une fin, ,ni une narration précise, mais qui nous offre une sorte d’épisode de 2 heures sur grand écran. Du CINE/TV en quelque sorte. En tout cas, un nouveau concept que beaucoup ferait bien de suivre, même à la télévision…

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