Mob City : Une série noire pour un hommage superficiel

22 Juil 2017 à 18:30

Mob City

IL Y A DES SERIES QUI NOUS ATTIRENT PLUS QUE D’AUTRES. IL Y A DES SERIES QUI NOUS DEÇOIVENT PLUS QUE D’AUTRES. CHEZ CRITICTOO, NOUS AVONS DECIDE PENDANT QUELQUES SEMAINES DE PARLER DE CE QUI FAIT MAL : CES CREATIONS QU’ON ETAIT PRETS A AIMER, MAIS QUI SONT PASSEES A COTE DE LEUR SUJET OU QUI N’ONT PAS SU REMPLIR LE CONTRAT.

Frank Darabont est un nom qui est souvent associé à l’horreur et Stephen King. Le réalisateur de The Shawshank Redemption et The Mist a participé à installer solidement les zombies de The Walking Dead sur le petit écran. Son histoire avec AMC ne s’est pas bien terminée, mais cela ne change rien au fait que son nom a participé à donner de la légitimité au projet autant qu’une identité visuelle propre à la série.

Lorsque sa collaboration sur cette série a pris brusquement fin, Darabont ne s’est pas éloigné du petit écran pour autant. Il a simplement changé d’univers en tournant son attention vers Mob City, adaptation en 6 épisodes du livre de John Buntin, pour TNT.

L’histoire suit le détective Joe Teague, un ancien marine qui se fait engager en tant que garde du corps par Hecky Nash, un comique de stand-up qui fait chanter la mafia locale. Confronté à des choix difficiles lorsqu’il réalise l’implication d’un être cher dans la sale affaire qui se joue, Teague se retrouve pris entre le mafieux Busgy Siegel et le capitaine de la police William Parker.

Dans la peau du créateur, Darabont saisit cette opportunité pour rendre hommage aux films noirs qui ont fleuri durant les années 40 et 50. Il le fait bien évidemment en compagnie de Jeffrey DeMunn, mais aussi Jon Bernthal, Amin Joseph et Andrew Rothenberg.

L’idée de voir cet homme plus spécialisé dans l’horreur explorer la cité des Anges durant les années 40 était alléchante, peut-être un peu trop. Retrouver Jon Bernthal dans un premier rôle après The Walking Dead débarrassé de la crasse au profit d’un costard était tout aussi attrayant.

C’est d’ailleurs à l’aide de son esthétique que Mob City se distingue au départ. Sans subjuguer, le réalisateur exploite les poncifs du genre sur un plan visuel et scénaristique pour retranscrire l’ambiance d’un film noir. La musique accentue ce trait de caractère au point d’en devenir agaçante.

Le trait se révèle trop forcé, diminuant l’impact narratif et affirmant avant tout Mob City comme un simple exercice de style. Le créateur échoue à s’approprier les codes du genre pour construire son histoire et surprendre. Il suit une ligne directrice définie par les standards d’un genre qui est normalement complexe et peuplé de protagonistes ambigus. La série se repose trop sur son style et l’intrigue en est négligé, avec des personnages qui manquent de dimension.

On en arrive même à se demander si l’histoire vraie n’a pas été un frein au bon épanouissement de Mob City qui trouve sa plus grande force auprès de ses quelques figures fictionnelles. Là où l’interprétation d’Ed Burns en Busgy Siegel peine le plus souvent pour convaincre, Robert Knepper dans la peau de Sid Rothman – mafieux inventé de toutes pièces – fait tout l’inverse, donnant un véritable intérêt au récit. À ses côtés, Milo Ventimiglia dans le rôle de l’avocat Ned Stax trouvera aussi ses marques et, à travers sa relation avec Joe Teague, connecte l’univers criminel et policier de la série.

Ils sont alors la preuve que Mob City peut se montrer accrocheuse, malgré son abus de stéréotypes. Quasiment du début à la fin, Jasmine Fontaine (Alexa Davalos) en sorte de femme fatale prise dans une affaire de chantage qui la dépasse échoue à véhiculer un brin d’émotion. Elle n’est que l’expression d’une image idéalisée de ce type de personnages et avec elle, elle ne fait qu’entrainer Joe Teague qui en pâtit fortement. Trop de temps lui sera consacré alors que d’autres, comme le capitaine William H. Parker, auraient pu profiter d’être plus présent – surtout que cette figure historique jouée par Neal McDonough était bien plus riche.

Avec son pedigree, il était aisé d’attendre plus de Mob City que ce qu’elle offre en bout de route. Sur la forme, elle possède une esthétique léchée, mais loin d’impressionner. Sur le fond, elle se montre superficielle en accumulant les clichés et les lenteurs. La série ressemble alors à un gâchis de talent.

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