La révolution ne fait que commencer avec Mr. Robot

Mr Robot - Fuck Society

L’été est une période improbable pour lancer une révolution et pourtant, c’est celle qu’a choisi USA Network pour faire la sienne – et la nôtre en même temps – avec Mr. Robot. La série de Sam Esmail aura fait couler beaucoup d’encre (virtuel) en nous parlant d’Elliot Alderson (Rami Malek), un informaticien antisocial qui travaille pour une entreprise de sécurité le jour et qui est un hacker justicier la nuit. Son monde bascule lorsqu’il rencontre Mr. Robot, un anarchiste qui le recrute pour rejoindre son groupe d’hacktivistes nommé fsociety. Leur mission : effacer toutes les dettes en faisant tomber l’une des plus grosses entreprise du monde, E Corp – aussi appelé Evil Corp par Elliot.

Avec sa première saison se composant de 10 épisodes, Mr. Robot nous entraine dans un univers qui est marqué par une énorme influence cinématographique pour mieux nous placer face aux dérives du hacking et du système dans lequel nous évoluons.

Dès lors, Elliot n’est pas à proprement parler un héros, ni un anti-héros. Dépressif, souffrant d’anxiété et d’autres problèmes psychologiques, il est confronté tous les jours à un monde qu’il comprend trop bien mais dans lequel il n’a pas vraiment sa place. Pour tenter de garder le contrôle, Elliot nous parle à nous – son ami imaginaire – et nous livre ainsi les clés de sa psyché.

Cette narration empruntée à Taxi Driver et nous renvoyant aussi comme de nombreuses thématiques à Fight Club est celle qui permet de donner le jour au monde de Mr. Robot. La nature anti-social d’Elliot en fait une personne qu’il est aisé de contourner pour mieux vaquer à ses occupations. Cela fait de lui quelqu’un de plus observateur. Il décrypte son environnement plus aisément et pour cette raison même, il ne peut décemment pas y trouver pleinement sa place.

Avec l’aide de la paranoïa et de la désillusion d’Elliot, Mr. Robot nous place face à une société factice qui pousse à la consommation et détruit l’individualité. La drogue sous toutes ses formes est utilisée au quotidien pour étouffer la douleur.

Mr Robot saison 1Mr Robot saison 1
Mr Robot saison 1Mr Robot saison 1
Mr Robot saison 1Source : http://the-ocean-in-one-drop.tumblr.com

Une révolution ne peut cependant pas avoir lieu sans faire de remous, surtout lorsqu’elle est mené par un homme tel que Mr. Robot. Si la série nous délivre un commentaire social qui ne semble que gagner en pertinence à force qu’il soit revisitée (qu’importe la forme choisie), elle se confronte comme tout le monde au fait que la solution ne se trouve pas dans l’emploi de méthodes extrémistes — transformer une société est un travail d’orfèvre qui prend du temps.

Mr. Robot se présente d’ailleurs comme la version adulte de J.D., jeune sociopathe de Heathers qu’a incarné Christian Slater dans les années 80. On ne peut alors qu’être naturellement attiré par ce dernier, conscient que c’est mal et que l’on ne peut que se brûler en s’approchant trop près mais ne pouvant pas s’en empêcher. Mr. Robot n’a peut-être pas forcément les bonnes méthodes, mais ses objectifs et son message font mouche.

Real? You want to talk about reality? We haven’t lived in anything remotely close to it since the turn of the century!

Mr Robot, final de la saison 1 - Christian Slater

Au fil des épisodes composant sa première saison, Mr. Robot déconstruit son univers et ses personnages pour les pousser à faire face à qui ils sont. Les repères sociaux sont brisés, les méchants ne sont pas forcément ceux que l’on pense et surtout, les évènements influent sur la vie de chacun, rapprochant ou les éloignant les uns des autres, transformant leurs idéaux et leur position dans l’histoire.

Dans ce contexte, Tyrell Wellick est introduit comme un ambitieux et dangereux membre d’Evil Corp, se présentant comme une sorte de Patrick Bateman – moins obsédé par la carte de visite. Comme Elliot, Tyrell verra son univers être ébranlé et se retrouvera à devoir repenser sa place dans ce système qu’il avait pourtant pris tant de soin à construire.

À l’opposé se trouve alors Angela Moss, l’ami d’enfance d’Elliot qui porte un regard au départ naïf sur son environnement. En entrant en collision avec Evil Corp, la jeune femme devra remettre en cause son code moral et sa perception de ce qui l’entoure pour mieux s’adapter et survivre. Sa position fluctuante dans le récit nous place plus ou moins face à la nature aisément corruptible du système et du pouvoir que détiennent ceux qui le contrôle.

En nous plongeant dans un monde où la réalité et la fiction se confondent continuellement dans l’esprit de son protagoniste, Mr. Robot en profite pour nous délivrer une histoire qui fait écho à la réalité de manière troublante pour donner encore plus de poids à ses thématiques et ses réflexions. Comme le dit Elliot lui-même, cela n’a rien de nouveau, mais mérite toujours d’être explorés, revisités et creusés pour mieux interroger sur notre société et nos choix. La révolution vient en fait à peine de commencer…

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