Murder One : Anatomie d’un procès (Série intégrale)

Créée par Steven Bochco, Charles H. Eglee et Channing Gibson et diffusée sur ABC durant deux saisons (1995-1997), Murder One est une série judiciaire qui ne fut jamais un succès public, mais elle reçu un accueil critique très positif qui lui permis d’être renouvelée. Malgré ça, la première saison est surtout ce qui en sera retenu, et ce, de manière tout à fait justifiée.

The Goldilocks Murder (Saison 1)

Connue chez nous comme étant « L’affaire Jessica », The Goldilocks Murder est l’affaire judiciaire qui est au cœur de toute la première saison. Tout débute donc par le meurtre de la jeune Jessica Costello qui, bien qu’âgée de 15 ans, baignait dans les fêtes hollywoodiennes, la drogue et le sexe. Elle entretenait aussi une relation sentimentale avec Neil Avedon, une star montante sur le point de sortir son premier film. Également toxicomane, Neil était instable, parfois violent. Il n’était pas le premier suspect de l’investigation menée par la police, mais après que l’avocat Ted Hoffman ait fait innocenter son client, le milliardaire Richard Cross, l’acteur est arrêté et le procureur compte bien obtenir une condamnation rapide et sans équivoque pour ce meurtre qui est en train de devenir un véritable phénomène médiatique.

Né dans l’ombre du procès d’O.J. Simpson, Murder One se propose donc de dépeindre à sa façon les coulisses d’une affaire qui se joue autant à la télévision que devant un juge.

Le personnage principal n’est pas l’accusé, mais son avocat, Ted Hoffman. Homme droit et respecté de tous, Hoffman impressionne autant avec son physique qu’avec ses paroles. Il faut au moins ça pour tenir la distance dans ce procès qui débute avant même que les membres du jury ne soient sélectionnés.

Nous allons donc commencer à suivre Ted et ses associés alors qu’ils tentent de monter leur dossier, et on les accompagnera jusqu’au bout de la procédure judiciaire. Tout est couvert, de l’arrestation à la révélation du verdict, en passant par les interviews, la sélection du jury, les interrogatoires et contre-interrogatoires, les témoignages des experts… En 23 épisodes, cette première saison ne laisse rien au hasard ou de côté. Le processus est long, mais captivant, car les twists sont nombreux et le moral des protagonistes est mis à rude épreuve.

D’un bout à l’autre, planera également l’influence de Richard Cross, un milliardaire qui a un agenda personnel mystérieux. Il se présente comme un ami, mais sa façade sympathique cache surtout un homme extrêmement complexe qui n’agit que pour ses propres intérêts. Ted Hoffman ne le sait que trop bien et, bien qu’il ne le sous-estime pas, Cross parviendra à le surprendre.

Il n’est pas le seul qui inquiète Hoffman, car Miriam Grasso, l’assistante du procureur en charge de l’affaire, est une ennemie de taille, même si elle joue en suivant les règles et en respectant son opposant.

Et comme si ce n’était pas suffisant, les témoins ont leurs propres motivations ou risquent d’être influencés – des opportunistes sont prêts à faire de l’extorsion, le client est parfois difficilement contrôlable et même les membres du jury créent des problèmes en se lançant dans des relations sentimentales. Ted Hoffman est certes l’homme du moment, mais cela ne garantit pas que le verdict ira dans le sens de Neil.

Innocent ou coupable, le verdict est de toute façon tout ce qui compte, car comme cette première saison de Murder One le fera bien comprendre, le travail de l’avocat n’est pas de résoudre une affaire de meurtre, mais de fournir au client la meilleure défense possible. D’ailleurs, si tous les détails du crime seront finalement révélés, cela restera secondaire.

En fin de compte, c’est le chemin parcouru d’un bout à l’autre de la procédure judiciaire qui prime. Cela dit, aussi important qu’il puisse l’être, le dossier Avedon ne sera pas immédiatement le seul et unique sujet de discussion dans les bureaux de Hoffman and Associates. Ted est entouré par un groupe d’avocats qui, pendant la première mi-saison, s’occuperont d’affaires annexes qui permettront à la principale de poser ses bases sans précipitation et en établissant de la crédibilité.

La montée en puissance se fera graduellement, au même rythme que la pression montera sur la famille de Ted. Cette partie est principalement exploitée durant le procès qui affectera le couple Hoffman de manière presque irréversible.

Reflet d’une époque où la relation entre le public, les médias et les célébrités était en pleine mutation, cette première saison de Murder One est un exemple de maitrise scénaristique qui sert à merveille ses thématiques nombreuses et variées en se montrant dense, détaillée et précise, mais également humaine.

The Angry Lone Nut (Saison 2)

Quand Murder One débuta sa seconde saison, elle se devait de gérer plusieurs choses majeures, la plus importante étant l’absence de Ted Hoffman. Sans lui, le cabinet Hoffman and Associates – tout comme la série – ne pouvait pas tenir longtemps. C’est là qu’entre en jeu Jimmy Wyler (Anthony LaPaglia) qui quitte tout juste le bureau du procureur avec un tableau de chasse impressionnant qu’il aime rappeler.

En un épisode, Jimmy prend le cabinet en main et apporte une grosse affaire médiatique qui devrait pouvoir assurer l’avenir de tout le monde. Le souci est que rien n’est gagné d’avance, tout particulièrement quand tout ceci n’est qu’une pâle copie de la première saison de la série qui est condensée en 8 parties. On y retrouve le même genre de protagonistes et de twists. Ce qui change véritablement, c’est la personnalité de Jimmy qui est loin de celle de Ted, ce qui ne le rend pas facile à apprécier.

Transition difficile donc, et elle n’est pas aidée avec un sous-emploi important des personnages que l’on connaissait bien. D’ailleurs, dans les seconds rôles, Lisa n’est pas revenue et Aaron Mosley (D.B. Woodside) prend sa place, ne brillant pas vraiment dans cette première partie de la saison.

Ses ressemblances trop évidentes avec la première saison et l’introduction risquée d’une nouvelle tête d’affiche – sans oublier du changement de format de la série –, la reprise convainc difficilement et c’est la discrète mise en place du prochain gros procès en arrière-plan qui donne envie de vraiment continuer.

Juice of the Court (Season 2)

Nouvelle affaire et nouvelle dynamique, car ce sont Chris et Aaron qui en prennent les commandes, laissant Jimmy au second plan, même s’il reste très impliqué. Le changement n’est pas une mauvaise chose pour aider cette seconde saison à prendre corps. Certes, son découpage en trois parties fait qu’il y a toujours des passages bâclés, mais cela ne se ressent pas énormément ici.

L’affaire concerne un basketteur professionnel qui est accusé de meurtre. On renoue avec l’inspiration première de la série – le procès O.J. Simpson – et cette storyline acquiert ainsi une résonnance particulière qui lui donne un intérêt indéniable. Cela dit, par moment, l’écriture manque cruellement de subtilité – surtout avec Aaron – ce qui tend à ajouter des lourdeurs là où les attentions des scénaristes auraient mérité d’être explorées de façon moins évidente.

Enfin, cette histoire possède un certain nombre de twists dans sa dernière partie qui permettent d’apporter un élément de surprise, même si cela va un peu trop loin au bout d’un moment. Il faut dire que la personnalité de Jimmy impose un manichéisme qui ne se marie pas nécessairement toujours très bien avec les tournants pris par l’intrigue.

Au final, il y a du bon dans cette seconde partie de la seconde saison et cela vient principalement du fait que l’on sort du schéma réexploité par l’affaire précédente.

The Street Sweeper (Season 2)

Dernière affaire de la série, et pas des moindres, puisque Jimmy se retrouve à défendre un tueur en série dont les victimes étaient des criminels. Son idée était que le système judiciaire n’était pas à la hauteur et que son devoir était de corriger son indulgence – à coups de fusil. Avec Pruitt Taylor Vince dans le rôle du client aussi effrayant que coupable, il n’est pas difficile d’apprécier les dilemmes auxquels les avocats doivent faire face.

Le but était clairement de montrer que la loi est la même pour tous et que, si la procédure permet à un innocent de retrouver la liberté, il ne faut pas oublier qu’elle peut également faire de même avec un criminel reconnu. Concrètement, les scénaristes rappellent qu’aux États-Unis la Constitution met tous les citoyens à égalité et que tout le monde a le droit à la même défense. C’est la base de la justice américaine, et cette dernière partie de la saison s’occupe de faire le tour de la question sans rien laisser au hasard.

La conclusion peut par contre paraitre légèrement consensuelle, mais elle a le mérite de ne pas être bâclée, étant amenée de façon certes trop didactique, mais en respectant l’intégrité des personnages et de ce qui se devait d’être illustré par l’histoire.

Conclusion

Murder One est principalement connue et reconnue pour sa première saison exemplaire qui propose une exploration détaillée d’une procédure judiciaire d’une manière unique sur le petit écran. Grâce à ses qualités et à sa figure principale, elle a su se faire une place dans l’Histoire du genre, et c’est totalement mérité.

La seconde saison brise le format et tarde à trouver son rythme, mais si elle n’atteint pas le niveau qu’on aurait pu espérer, elle finit par se montrer tout de même pertinente et divertissante. Elle est moins anecdotique que sa réputation le laisse penser de nos jours, souffrant trop de la comparaison malheureusement plus que justifiée avec la première saison.

Le générique

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