En 1914, le patriotisme anglais est à son plus haut niveau, à l’approche de la Première Guerre mondiale, et l’auteur Rudyard Kipling (David Haigh) est l’une des voix les plus éloquentes et passionnées sur le sujet. Son unique fils, John « Jack, » (Daniel Radcliffe) n’a que 17 ans, et a une forte myopie, ce qui l’empêche de rejoindre l’armée. Son père va tout faire alors pour que son souhait se réalise et voir John être enrôlé, alors que l’Angleterre entre en guerre.

My Boy Jack est basé sur une histoire vraie, celle d’un père voulant absolument voir son fils enrôler, et dont le destin sera de mourir sur le champ de bataille. Si la fin de l’histoire est déjà connue, le téléfilm offre avant tout le portrait d’une famille divisé par la guerre, et ses idéaux, l’engagement dans une nation en guerre, et les blessures qui vont naitre.

Jack cherche avant tout à quitter son foyer, alors que son père rêve de voir son fils s’engager dans l’armée. Cette dernière le refuse constamment à cause de ses problèmes de vues. Nous suivons donc au début la route de Jack vers l’armée. Daniel Radcliffe plus connu pour son rôle d’Harry Potter, réussit très bien à se glisser dans la peau du personnage. Difficile de se détacher de l’image qui lui colle à la peau, et quelques soubresauts nous le rappelle (tout particulièrement quand l’acteur sourit), mais il réussit quand même un travail assez remarquable, entouré par un casting excellent. David Haigh dans le rôle du père, et Kim Cattral dans celui de la mère, forment un couple convaincant, à la fois divisé sur le destin de leur fils, et uni quelque que soit le futur. Carey Mulligan se glisse dans la peau d’Elsie Kipling avec une facilité déconcertante, et, comme à son habitude, est resplendissante.

La famille occupe leur cœur de l’histoire, réuni autour d’un fils, dont ils aiment lire les lettres qu’ils envoient, et déchiré lors de sa disparition. Sans jamais tomber dans le mélodrame poussif, le téléfilm réussit à commencer sur un ton assez entrainant, motivé par l’envie de partir à la guerre, pour plonger dans une sorte de tristesse. Si rien n’est exagéré, le visuel soutient extrêmement bien l’histoire. Les couleurs sont travaillées, et assez chaudes. Peu de scènes de nuit. Si le champ de bataille est dans la grisaille, ce n’est pas pour faire une séparation avec la famille, mais surtout, car les hommes sont dans des tranchés, que le ciel est nuageux, et qu’ils attendent le moment de partir à l’attaque.

My Boy Jack offre alors son point de vue sur cette période tant vue et revue à la télévision et au cinéma. Il s’agit avant tout du destin d’une famille, et de la perte d’un fils, du déchirement d’un père, qui se sentira responsable. Ce n’est pas la guerre que l’on envoie au pilori, mais une nation et ses mensonges qui ne préviennent pas du prix qu’il faut payer pour soutenir son pays.

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CaroleC
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