Une équipe de journaliste ayant suivi des élèves l’année de leur diplôme à Texas, Austin, revient 10 ans plus tard dans la vie de ces jeunes pour voir ce qu’ils sont devenus.

ABC prend des risques cette année en lançant My Generation, adaptation de la série suédoise God’s Highway (Blomstertid). Le concept est qu’une équipe de journaliste ayant suivi 9 jeunes l’année de leur diplôme revient 10 ans plus tard pour voir où ils en sont dans leur vie.

My Generation a donc des ambitions, mais avant de les imposer, elle doit présenter ses personnages, et c’est clairement le plus difficile à avaler. Ils sont neufs et sont des stéréotypes. Non pas que cela ne soit pas là pour représenter une certaine réalité, mais cela crée quelques difficultés, car les personnages nous sont introduits via ce prisme télévisuel, les empêchant de se doter d’une consistance suffisante pour donner corps à deux personnes : celles qu’ils étaient et celles qu’ils sont devenues.

Le pilote a quelques idées dans sa poche, et il faut reconnaître que l’aspect documentaire – si on passe l’éternel sentiment de gêne que peuvent créer certaines scènes – est assez bien exploité. Difficile de ne pas craindre que cela se montre lassant sur la durée, mais le format peut très bien évoluer pour prendre une forme moins explicite, ce qui n’aurait rien d’anormal.

À cela, on peut facilement ajouter que la série parvient très bien à crédibiliser la plupart de ses acteurs dans les deux périodes temporelles – 2000 et 2010 – bien que forçant beaucoup trop le trait sur les évènements historiques qui ont marqué ce temps. Quoi qu’il en soit, si les personnages souffrent d’être stéréotypés et trop connectés les uns aux autres, le fossé temporel est crédible, et les évolutions qui l’accompagnent se montrent majoritairement suffisamment solides et logiques pour que le documentaire en route expose une première vérité avec force.

Le gros problème ici, c’est qu’il faut s’accrocher. Certaines scènes sont assez fortes, apportant humour et émotions à quelques occasions. Seulement, avec 9 personnages bien distincts à imposer, il n’est pas difficile de constater que certains ratent forcément leur entrée, et que les allers et venues entre les différents protagonistes tendent à créer des moments d’ennui trop vivaces pour être oubliés.

My Generation débute ainsi difficilement. Le pilote se montre trop bancal pour convaincre, et les défauts prennent le dessus sur les quelques qualités qu’il y a. L’intention est louable, et derrière le concept, il y a un regard sur l’évolution d’une existence qui pourrait, loin des clichés, se montrer pertinent. Mais pour cela, il faut réussir à s’intéresser aux gens que la série met en scène, et c’est sûrement le plus difficile.

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CaroleC
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