Avec la saison 1 de Narcos, Pablo Escobar conquiert Netflix

9 Sep 2015 à 11:16

Narcos Saison 1

Netflix est parti à la conquête du monde et on ne pourra pas lui reprocher de ne pas mettre les moyens pour y arriver. Chacune de ses séries s’inscrit alors dans une volonté de séduire les spectateurs à différents coins du monde pour conquérir de nouvelles parts de marchés. En somme, le service de VOD veut être incontournable et pour cela, il diversifie son offre originale pour s’adresser à une audience mondiale.

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Dans cette optique, Narcos a été pensé pour viser autant le public d’Amérique du Nord que celui du Sud – et cela a des conséquences sur un plan créatif. Alternant entre l’américain et l’espagnol, la série développée par José Padilha et Eric Newman nous entraine dans cette première saison dans une lutte acharnée entre le cartel de Medellín et les États-Unis et la Colombie – avec beaucoup de dommages collatéraux.

L’histoire est alors racontée à travers l’agent de la DEA Steve Murphy Steve Murphy pour mieux connecter avec le public américain. Narrateur omniprésent, il existe principalement pour nous délivrer les informations vitales pour que l’on comprenne bien qui est qui et ce qui se joue sous nos yeux, quitte à être très descriptif. En voix off, Murphy ne laisse rien passer au point de devenir un véritable obstacle à l’épanouissement du récit. Si le besoin de communiquer rapidement certaines données – particulièrement dans les débuts – est nécessaire, Murphy tend par moment à en fournir beaucoup trop et le ton manquant quelque peu de dynamisme de Boyd Holbrook vient alourdir une narration déjà surchargée.

Couvrant une bonne dizaine d’années en seulement 10 épisodes, la saison 1 de Narcos a beaucoup trop à faire en un laps de temps qu’on peut facilement juger de trop court. Les forces de l’ordre sont les premières pénalisées, se retrouvant souvent prises entre les membres du cartel et les politiciens sans avoir trop d’opportunité pour se révéler plus que des joueurs sur un échiquier complexe. À l’arrivée, tout le monde est plus intéressant qu’eux, même si Pedro Pascal dans le rôle du coéquipier de Murphy parvient à tirer son épingle du jeu grâce aux failles émotionnelles de son personnage.

L’équipe de Narcos est sans aucun doute dévouée à son histoire et décidée à lui rester fidèle autant que possible – bien qu’il soit nécessaire de tordre la vérité au service de la fiction. Les images d’archives, les photos, les costumes et les décors naturels renforcent la dimension réaliste de la série. Le producteur et réalisateur brésilien José Padilha vient alors sublimer le travail de l’équipe technique, créant l’oppression et le danger autant dans les forêts étouffantes de Colombie que dans une villa de Pablo Escobar ou dans les couloirs des bureaux du DEA. On retrouve ainsi la forme de Troupe d’élite (1 & 2) qui dote Narcos d’une personnalité bien à elle.

La cinématographie de Narcos est sublime et elle captive presque à elle toute seule. Si elle ne peut faire oublier l’omniprésence de la voix off et l’approche narrative très didactique choisie pour mieux retranscrire les faits qui sont tellement fous que personne n’aurait pu les inventer, Pablo Escobar y parvient presque.

Il faut dire aussi qu’il devient évident assez tôt que cette saison 1 de Narcos est bien plus intéressé par le trafiquant de drogues que par les agents des forces de l’ordre. Il est alors question de trouver un équilibre entre ses multiples facettes – entre le dangereux narcotrafiquant, le père de famille aimant et le Robin des Bois de la Colombie –, sans jamais n’en laisser une prendre le dessus. L’exercice est difficile et doit beaucoup à son interprète Wagner Moura (qui a dû apprendre l’espagnol et prendre du poids pour l’occasion). Escobar charme, révulse et touche. Moura excelle autant à laisser la part d’humanité de son personnage s’exprimer qu’a maintenir à l’esprit le danger qu’Escobar représente vraiment, quelque chose de nécessaire lorsque la plupart des morts sont transformées en une sorte de transaction d’affaires. L’homme impressionne de par son habilité à faire tourner une situation à son avantage et il est quasi-impossible de le lâcher du regard quoi qu’il fasse.

On pourra alors reprocher à un certain niveau à Narcos de vouloir trop bien faire au point de ne pas parvenir à savoir quand il est bon de laisser le téléspectateur seul face à l’image. Croulant sous un lot d’informations à communiquer, une histoire riche où les personnages se multiplient, on peut de même regretter que, finalement, cette saison 1 ne se compose que de seulement 10 épisodes – il y avait de quoi faire pour tenir sur plus pour développer quelques pans du récit qui sont survolés. Cela nous donne aussi une saison qui connait que très peu de temps morts et qui, de par son sujet et sa figure centrale, fascine et captive avec une aisance déconcertante.

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