Nip/Tuck - Wesley Clovis (6.10)

La Justice demande au cabinet McNamara/Troy de faire une liposuccion importante sur un condamné à mort dont le poids empêche le calcul du dosage de l’injection létale. En échange, Matt serait libre. Si Christian est ravi, Sean refuse. Kimber annonce à Christian qu’elle est enceinte et ce dernier lui demande de choisir entre lui et le bébé.

Peine de mort et avortement, c’est ce qu’on appelle du lourd ! Et évidemment avec ce genre de sujet, l’ambiance n’est pas franchement à la rigolade.

Comme nombre de séries avant elle, Nip/Tuck s’attaque au délicat sujet de la peine capitale et si son point de départ est plutôt original, le traitement du sujet est plus conventionnel. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas réussi, loin s’en faut. Nous voilà donc avec un violeur assassin légèrement déficient, incarné par un Eric Stonestreet (Modern Family) plus proche du gros bébé que du sale pervers. Comme toujours dans ce genre d’affaires, il y a le pour, Christian, qui trouve que le type mérite de mourir et de souffrir éternellement et le contre, Sean, qui s’est juré en tant que médecin de préserver la vie. On ajoute une agent fédéral tenace pressée d’en finir et le père de la victime, gravement malade, qui souhaite voir son enfant vengée avant de mourir. Tous les ingrédients d’un bon mélo de M6 sont là, mais Nip/Tuck joue gentiment avec les codes et pointe du doigt les incohérences du système et celles de ses personnages.

De Christian, prompt à condamner l’homme sans chercher à apaiser les craintes du patient à Sean qui privilégie son éthique à la liberté de son fils en passant par Matt qui ne voit que son intérêt personnel, chacun est obligé de revoir ses positions face aux différents protagonistes du drame et tous n’en sortent pas grandis. Surtout Matt dont la chute pitoyable ne semble jamais finir. La série choisit clairement son camp lorsque l’homme, que l’on sait innocent par une pirouette scénaristique, est tout de même exécuté et que le père de la victime avoue qu’au final il ne se sent pas mieux. Le message manque de subtilité, mais fonctionne néanmoins, Nip/Tuck assumant parfaitement son côté libéral.

La preuve avec son autre intrigue concernant Kimber, enceinte et maladivement amoureuse de son homme, contrainte de faire un choix. La série expose là aussi son cas d’école en énonçant clairement les possibilités de cette pauvre Kimber, qui va jusqu’à rappeler Mike en espérant lui faire gober que c’est le sien, mais il est évident que ses choix sont limités. On pourrait se dire que Christian est un salaud, mais ses raisons de refuser cette grossesse sont honnêtes et compréhensibles et celles de Kimber pour la poursuivre tiennent plus de la peur de perdre Christian que d’avoir un enfant avec lui. La série ose alors aller au bout de son raisonnement et lors d’une scène très réussie avec Liz, Kimber avoue qu’elle aime Christian plus que l’enfant qu’elle porte. Beaucoup de séries ont abordé le thème de la grossesse non désirée et de l’avortement, mais peu ont choisi cette option. Et même si le rebondissement final vient amoindrir la portée de cette décision, la démarche est à saluer. Reste une Kimber détruite et le spectacle est douloureux à voir. Kelly Carlson se montre étonnante.

Wesley Clovis se conclut sur le repas d’une famille profondément dysfonctionnelle et meurtrie, et illustre parfaitement le thème sous-jacent de l’épisode, à savoir la culpabilité. Une dernière scène, au goût amer, qui promet un dernier acte entre noirceur et rédemption. Quoi qu’il en soit, ce dernier épisode achève un début de saison plus satisfaisant qu’on ne pouvait l’espérer. Croisons les doigts pour que la série garde ce niveau jusqu’au bout.

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