Nip/Tuck - Christian Troy II (6.17)

Liz rencontre une vendeuse de produits pharmaceutiques qui a une particularité plutôt embarrassante. Sean se fait du souci pour l’avoir de la profession et a recours à des injections de Botox. Quant à Christian, sa quête de perfection l’amène a passer sur le billard où l’anesthésie le plonge dans un rêve déroutant.

Le coup du rêve est un classique et Nip/Tuck nous l’a déjà fait. Cette fois c’est au tour de Christian et le message est suffisamment limpide pour ne pas avoir à se lancer dans un déchiffrage poussé. L’occasion de redonner un peu de profondeur à un personnage qui n’a jamais été aussi méprisable et pitoyable que cette saison et de retrouver un trio de divas retouchées et vieillissantes, aperçues au cours des saisons précédentes. Joan Rivers est une vieille Barbie plastique, quant à Joan Van Ark et Donna Mills, on se demande encore pourquoi leur chirurgien n’a pas été traîné en justice. Si la série n’avait qu’un message à transmettre, c’est que la quête de perfection est illusoire, en témoignent ses trois anciennes gloires défigurées. Je ne suis pas bien sûr cependant que les actrices en soient conscientes.

La fin approchant, la série renoue avec son discours principal sur le statut éphémère de la beauté et le désir toujours plus destructeur d’atteindre l’immortalité. Christian en est à la fois l’artisan et la victime. Et comme les autres patients avant lui, il n’échappe pas à la règle qui veut que derrière chaque opération se cachent blessures d’enfance et insécurité chronique. Le propos tient un peu de la psychologie de comptoir, mais est suffisamment bien mis en image pour ne pas avoir l’air trop creux. On retrouve alors pêle-mêle tout ce qui construit le personnage : les abus sexuels de papa, la mort de Kimber, ses sentiments refoulés pour Sean qu’il a une peur panique de perdre, son angoisse face au temps qui passe… L’épisode est une radiographie de l’âme tourmentée de ce pauvre Christian et lui permet enfin de sortir de son rôle unidimensionnel de séducteur égoïste.

Mais Christian n’est pas le seul à vouloir ralentir le rythme du temps, Sean, qu’on ne connaissait pourtant pas sujet à ce genre d’angoisse, se fait injecter toutes sortes de produits pour un résultat effrayant. L’avenir de la beauté ne passe pas par les aiguilles. Mais pas non plus par le bistouri comme en témoigne les réactions finales à la vidéo de l’intervention de Christian postée sur You tube. Le monde se rendrait-il compte que tout ceci est vain ? En tout cas, c’est panique dans les rangs et on se demande si le coup final ne serait pas de mettre la clé sous la porte.

Reste Liz, Liz qui a enfin une histoire à elle, une histoire qui ne sert pas à grand-chose, mais qui fait plaisir parce qu’elle n’a quasiment rien eu à faire cette saison et c’est dommage. Liz a un karma pourri : on l’a séduite pour lui piquer un rein, Julia lui a volé son titre de lesbienne en chef, elle a épousé Christian qui l’a larguée et elle est même sortie avec Alanis Morissette. Alors quand une jolie représentante pharmaceutique lui fait les yeux doux, on se dit qu’elle va peut-être enfin avoir droit à une gentille romance. Surtout qu’à 3 épisodes de la fin, on est en droit d’espérer pour elle plus que pour ses deux imbéciles de patrons. Mais non, Liz a un karma pourri, elle hérite donc d’une conquête mariée et inexpérimentée, qui se dit gay à 75% (!) et qui fait partie des mythiques femmes fontaines. C’est assez drôle. Ça l’est moins lorsqu’elle lui sort le couplet sur la difficulté d’être gay et son désir d’être « normale » quitte à rester avec un mari qui ne l’a jamais satisfaite. Si j’étais Liz moi aussi je pleurerais face à une telle avalanche de conneries.

Après l’excellent épisode de la semaine dernière, Nip/Tuck arrive à rester sur les rails et nous joue la carte de l’introspection, même si c’est sous la forme usée d’un rêve. Il n’y a plus guère d’enjeux pour la saison comme pour la série et les deux épisodes restants devraient servir à conduire gentiment ce petit monde vers la porte de sortie.

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