Nip/Tuck - Dan Daly (6.11)

Sean et Christian reçoivent un prestigieux prix médical pour leur carrière. Sean se remémore alors leur première année de fac et se rend compte que peu de choses ont changé dans leur relation. Le patient de la semaine souffre d’une maladie génétique qui le pousse à l’automutilation.

Pour sa reprise Nip/Tuck revient sur la genèse de son couple star : Sean/Christian, flashbacks bleu grisé à l’appui, ou comment le gentil et studieux Sean McNamara s’est laissé influencer par l’insolent et séducteur Christian Troy. Tout comme le procédé visuel, la narration manque de subtilité et le propos est si évident qu’on se demande pourquoi la série insiste aussi lourdement.

Christian profite de tout ce que la vie peut lui offrir, est prêt à tout pour satisfaire ses désirs et ne s’embarrasse guère des convenances. Le personnage a été présenté de cette façon et il est resté fidèle à lui-même, rien de surprenant à ce que sa version étudiante soit le prototype même du bad boy irrésistible. Face à lui Sean, responsable et appliqué, apparaît comme le petit chien docile qui nettoie derrière son maître. Les flashbacks ne nous apprennent rien qu’on ne sache déjà et servent uniquement à mettre en exergue le côté dominant/dominé de cette relation.

Mais 25 ans plus tard, Sean réalise que les choix qu’il a pu faire dans l’existence ont été conditionnés par son amitié avec Christian et que si aujourd’hui il se sent prisonnier d’une vie qui ne le satisfait pas, Christian en est responsable. Alors oui, certes, Sean aurait pu être un médecin qui sauve des vies et envoie ses enfants à Yale ou Harvard, à l’instar de cet ancien camarade devenu médecin humanitaire, mais, comme le lui dit Christian, le seul à blâmer pour la vie qu’il mène c’est lui-même. Et, comme le témoigne son accès de colère, c’est une vérité assez dure à encaisser.

25 ans plus tôt Sean soignait les fesses de son ami suite à une énième péripétie sexuelle, aujourd’hui il se charge de sa vasectomie après que Christian ait engrossé sa décoratrice. Rien n’a changé. On se demande d’ailleurs comment il n’y a pas plus de petits Christian avec le nombre de femmes que le Dr Troy a connues et surtout comment un type avec une telle activité sexuelle, marié de surcroît, peut ne pas porter de capote. Christian est un égoïste irresponsable, en ça il n’a absolument pas changé.

Les scénaristes, qui ont basé tout l’épisode sur cette seule intrigue, en rajoutent en donnant l’occasion à Sean de s’envoyer en l’air dans un avion, avant de se faire arrêter par un Marshall et à Christian de s’offrir un bong en compagnie de deux très jeunes étudiantes. Le message est on ne peut plus clair : Sean ne sera jamais Christian et Christian ne changera jamais.

C’est le constat auquel Sean doit parvenir et c’est le fondement même de tout l’épisode, illustré par le patient de la semaine. Sean est un naïf masochiste qui veut croire en l’autre et finit toujours par être blessé, que ce soit par un stylo planté dans son épaule par un patient ou par Christian qui achète le prix de leur réussite. Peu importe ce que les autres font pour vous changer, vous restez le même et il est plus facile d’accepter l’autre tel qu’il est. La fin de l’épisode, magnifiquement mise en musique, souligne l’amertume de Sean face à une telle évidence.

L’épisode, s’il n’est pas mauvais, souffre de son argumentation appuyée et simpliste et il est dommage qu’il n’ait pas bénéficié d’une intrigue secondaire qui aurait certainement permis d’alléger le propos et de rendre ce voyage au pays des souvenirs plus palpitant.

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