Nip/Tuck - Don Hoberman (6.01)

Le cabinet McNamara/Troy doit faire face à de sérieuses difficultés financières et se tourne vers le jeune Dr Hamoui pour augmenter sa clientèle. Maintenant qu’il sait qu’il ne va pas mourir, Christian s’empresse de quitter Liz qui le prend assez mal. Matt décide de devenir mime.

Les deux chirurgiens les plus pathétiques de la côte ouest sont de retour après une saison 5 affligeante et on ne peut pas dire que ce soit avec un feu d’artifice.

L’argent est au cœur de ce season premiere. Crise oblige, les affaires sont au ralenti et Christian sans sa dose quotidienne de bling-bling est encore plus pitoyable que d’ordinaire. Il faut le voir réclamer son Yoplait, c’est à mourir de rire. Sean, qui a toujours été le plus responsable, s’arrache les cheveux sur les factures de ses enfants et de son ex, toujours à New York – malgré la présence de Joely Richardson au générique –, est visiblement peu au courant de l’évolution de l’économie mondiale. Ce thème désormais inévitable des conséquences de la crise donne un sérieux coup de plomb à l’atmosphère glamour de la série. Ça rechigne pour payer, ça racle les fonds de tiroir, ça vend les opérations par deux ; bref, ça brade, à l’image de la série qui ne joue même plus de la surenchère pour appâter le téléspectateur. Pas de sexe, pas de corps dévêtus, juste les abdos impressionnants de Mario Lopez pour nous rappeler – et leur rappeler – que 6 ans ont passé et que les Casanova de la médecine plastique ont laissé leurs meilleures années derrière eux. Le clip vidéo que les 3 chirurgiens enregistrent pour infiltrer le marché de la reconstruction vaginale est le moment le plus drôle de l’épisode.

Comme il fallait s’y attendre après la révélation finale du dernier épisode, la durée de vie du couple Christian/Liz aura été de courte durée. Celle du voyage de noces pour être précis, Christian, en gentleman, ayant préféré attendre leur retour pour annoncer à sa femme que ses services n’étaient plus désirés. Il n’y a bien que Liz pour ne pas l’avoir vu venir. La lesbienne qui ne mâche pas ses mots reprend du poil de la bête avec ce nouvel affront et passe en mode destruction. Rien n’est plus jouissif que de la voir regarder Christian le sourire aux lèvres tandis qu’il découvre qu’elle détient la moitié de ses biens.

Bien sûr Nip/Tuck ne serait pas Nip/Tuck sans ses situations exubérantes et ce premier épisode ne fait pas exception à la règle lorsque l’avocat aveugle de Liz demande à Christian d’enlever son pantalon pour l’entendre se masturber. On hésite entre la franche rigolade et la consternation. La série, comme toujours, choisit la provocation pour illustrer son propos, Christian n’est plus le mâle dominant et cette dernière saison s’annonce comme celle de la déchéance. Une constatation appuyée par la narration en documentaire faite par Linda Hunt, qui donne une touche très Pushing Daisies sous ecsta à l’épisode.

Indépendamment de l’intérêt douteux des intrigues mises en place, l’épisode est surtout remarquable pour l’aberrant changement de casting du personnage de Teddy. La tête brûlée hystérique génialement incarnée par Katee Sackhoff (Battlestar Galactica) l’an dernier est remplacée par la gracile et éteinte Rose McGowan (Charmed) qui nous fait nous demander, outre l’évidente différence physique, si le personnage est le même. Un choix étrange et assez déstabilisant qui empêche complètement de s’intéresser à l’intrigue autour de Sean, assez mimine de toute façon.

Comme d’habitude, Matt hérite de la ligne de scénario la plus rocambolesque. Après avoir été scientologue, accroc à la meth, étudiant en médecine, en couple avec sa demi-sœur, le voilà qui veut devenir mime. Évidemment comme c’est Matt, tout va de travers et comme c’est Matt, c’est de loin l’intrigue la plus affligeante. Même Kimber, pourtant souvent logée à la même enseigne, fait mieux avec son nouveau diplôme d’électrologue (un vrai métier, apparemment).

Nip/Tuck revient donc dans le même état qu’on l’avait laissé, à savoir agonisant dans sa gloire passée et son rebondissement final suffit tout juste à nous motiver pour revenir en deuxième semaine. Espérons, comme pour Sean, qu’un électrochoc nous ramènera tout ça à la vie.

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