Nip/Tuck - Enigma (6x02)

Teddy largue Sean pour ne pas lui avoir fait confiance avec ses ennuis financiers, Sean souffre d’insomnies sévères et rencontre Vivian qui connaît le même problème et a une façon bien particulière d’y remédier, Christian demande à Kimber de lancer un sex toy basé sur le ‘Petit Christian’ et le nouveau cas de la semaine est un gamin fasciné par les ténèbres qui s’est gravé 666 sur le front.

Nip/Tuck remonte la pente avec un épisode à l’atmosphère étrange, glauque, sombre et désespérée. On commence par un lavage gastrique fait-maison où Sean se vomit littéralement sur le visage. Le pauvre Dr. McNamara a du mal à gérer la pression entre sa pension alimentaire, les ennuis du cabinet et la proposition en mariage de la nouvelle Teddy et son sommeil en pâtit. Il évolue alors entre état de conscience exacerbé et somnolence et donne son rythme à l’épisode, ponctué par une musique d’ambiance trouble et aérienne.

Sean erre de scène en scène, ni tout à fait présent, ni tout à fait absent, et sa rupture avec Teddy, à l’initiative de la jeune femme, se fait dans une relative indifférence. C’est un engourdissement total et il n’y a bien que l’arrivée de Vivian, zombie provocateur et sinistre, pour lui insuffler un peu d’énergie. On observe, circonspect, la dérive sexuelle de cette femme qui n’hésite pas à se planter une fourchette dans le bras pour récolter quelques cachets à l’hôpital. L’intrigue est sordide et à l’image d’un cauchemar, on espère que Sean trouve enfin le sommeil pour pouvoir être libéré de la sensation poisseuse qui se dégage de l’histoire.

La série en rajoute une couche avec le patient de la semaine, adolescent au visage blafard scarifié de signes cabalistiques et dont l’arrière du crâne présente un tatouage effrayant de tête de mort au regard perçant. On grimace et on s’enfonce dans son fauteuil en écoutant ce gosse clamer son amour des ténèbres, qu’il a gravé sur son torse. Il y avait bien longtemps que la série n’avait pas reçu un cas aussi dérangeant.

Heureusement, Christian fournit la légèreté nécessaire pour éviter la dépression qui guette. Plus arrogant que jamais, il se sert de cette pitoyable Kimber, masochiste amoureuse, pour son nouveau projet destiné à lui rapporte des millions : un moulage de son sexe. L’homme est sûr de lui, preuve qu’il est définitivement de retour, mais Nip/Tuck entre dans sa dernière saison et est bien décidée à détruire le mythe autour de ses héros séducteurs. Le physique avantageux du Dr. Troy a déjà été remis en cause l’épisode précédent, cette fois c’est au tour de sa virilité. La chute des icônes sexuelles est inévitable.

Liz dont la colère, pénible même si justifiée, ne semblait pas vouloir disparaître, trouve enfin un peu de paix dans la résolution tragique et amère de l’épisode. Tout comme elle, on porte sur la série ce regard désormais détaché et extérieur. Suffisamment pour ne plus s’apitoyer sur le sort de nos chirurgiens décadents, mais pas encore assez pour rester de marbre face aux cas morbides dont Nip/Tuck a parfois le secret.

L’épisode jette un regard lugubre et sans concession sur la noirceur humaine. Tout ça est lourd et pesant et même s’il est clairement d’un niveau supérieur à ceux qui ont précédé ces derniers temps, il n’en est pas plaisant pour autant.

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